jeudi 12 mars 2009

Photos; Le grand livre

Photos

Photos sépias, photos jaunies
Photos du temps de nos grands-mères
Quand on célébrait les rosières
Régnait alors une harmonie.

Photos d’une drôle de guerre
Ruines, tranchées et barbelés
L’Homme détruit de ses boulets
Cet équilibre si précaire.

Les années vingt, le charleston
Bruant, Dietrich et Chevalier
Quand la photo haussant le ton
Prend des couleurs sur le papier.

Nous avons tout l’après-midi,
Tourné les pages des albums
Pages de vie que l’on écorne
Souvenirs qu’elles irradient.

Lola


Le grand livre

Nous sommes tous nés quelque part,
Et le grand livre s’est ouvert
Sur une page vierge et blanche
Qui prend l’allure d’un miroir.

On y inscrit en lettres d’or
Prose d’amour et quelques vers
Puis des soucis qu’on endimanche
Pour vivre au mieux jusqu’à la mort.

Si l’encre verte se fait noire
On tentera à mots couverts
De faire bourgeonner la branche,
Afin que renaisse l’espoir.

Il est des pages qu’on oublie,
D’autres froides comme l’hiver,
Certaines parlent de dimanches
Mais toutes sont fruits d’une vie.


Tomi

mercredi 11 mars 2009

Gilbert; Le donneur de leçons

Gilbert


Conseilleur agréé, il pose un œil expert
Sur les agissements de la gent féminine,
Escomptant, en retour, qu’elles soient plus « câlines »
Pour services rendus, voilà ce qu’il espère.

A longueur de journée, il chaperonne Léone.
La pauvre ne sait pas, sur le photocopieur
Charger des copies vierges, dans le bac supérieur,
Et changer le toner fait bouillir ses neurones.

Il poursuit de conseils et catéchise Lise
Sur comment agrafer ou placer un trombone,
La position idoine de son papier carbone,
Ainsi que la couleur choisie pour les chemises.

Mais, c’est avec grand soin qu’il dirige Edwige
Lui montrant le secret d’un crayon bien taillé,
L’usage du sous-main va lui être enseigné
Pour qu’avec ses collègues il n’y ait aucun litige.

Mentor irremplaçable, éducateur divin
Instructeur opportun, commandeur précieux
Gilbert se croit utile tant il est fallacieux
Cultivant l’inutile, le superflu en vain.

Les filles en ont assez de ce grand escogriffe
Qui vient les déranger pour des raisons futiles.
De son comportement pour le moins infantile
Il se voit bien calife à la place du calife.

Lola


Le donneur de leçons

Il va falloir que je le dise,
Monsieur Eusèbe m’insupporte
Pétant plus haut que son derrière
Alors qu’il aurait mieux à faire
De balayer devant sa porte,
Il vient avec sa jobardise,
Ses prêchi-prêcha pontifiants,
De mettre Pierre mal à l’aise.

Sur un air à la Sganarelle
Il est bardé de certitudes,
Et manie avec prétention,
Ses arias donneur de leçons,
Conscient que sa vile attitude
Tout aussi bête que cruelle
A blessé un homme charmant.....
Je lui en veux à mort, balèze !

Il commence comme un balourd
Ses phrases acerbes et assassines,
Par :”Sachez Messieurs et Mesdames...”
Et des mots pour des bleus à l’âme,
Il nous éreinte, nous bassine,
S’écoutant parler, lui le sourd.

Je préfère être un tartempion
Et j’attends patiemment mon heure
Pour asséner à ce scorpion
Enfin une leçon d’honneur.

Tomi

mardi 10 mars 2009

demi-mondaine ; L'opportuniste

demi-mondaine

Un jour, la jeune Bo quitta son Montana
Pour poser ses valises dans la Belle Province.
Irma le lui a dit : « Tu marieras un Prince,
Je l’ai lu dans le marc, tu as la baraka. »

Elle a bien rencontré un homme, voilà un mois
Dont seul le patronyme a respecté l’oracle
Et quant à la noblesse se serait un miracle
S ’il nous montre un quartier ; on restera pantois.

Elle a trouvé un job à la BIM, Bo sourit
Une nouvelle vie s’ouvre à elle à présent
Tout un carnet mondain se presse, séduisant,
Offrant à leur princesse des corbeilles fleuries.

La voilà devenue, soudain, demi-mondaine
Séduisant sans vergogne ces princes d’industries
Ses charmes leur faisant oublier leur patrie
Leur femme et leurs enfants et puis leur soixantaine.

Lola


L'opportuniste


De son nom Roberval,
De prénom Evariste,
Il nacquit à Saint-Val
D’un père unijambiste
Et d’une mère anglaise
Qui un jour a filé
Laissant le papa Blaise
Face à l’adversité.

Natif de la Balance,
Le garçon a souffert
Dès sa plus tendre enfance
De quolibets d’enfer,
Mais le jeune Evariste
Blindé par le malheur,
Devint opportuniste
Et attendit son heure.

On sait qu’il tourna mal
Quand il devint adulte
De prisons en cavales,
Il en fit un vrai culte.
On le perdit de vue
Dans les années cinquante
On le dit revenu
Caché sous des bacchantes.

Il s’était acheté
Avec l’argent des casses
Une autre identité
Et a refait surface
Là où jamais personne
N’allait l’imaginer
Même si l’on soupçonne
Qui est le député.........


Tomi

lundi 9 mars 2009

Serment; Courage Ninon!

Serment

Penché sur le berceau où vagit son bébé
Un solide gaillard, les yeux remplis de larmes,
Secoué de sanglots, vient de rendre les armes
La douleur qui l’assaille n’a pas pu retomber.

Il doit se résigner à la triste nouvelle
Le tendre chérubin pour paraître sur terre
Réclame à sa mère une offrande sévère
Se privant à jamais de l’amour maternel.

Et lui le pauvre bougre, sa fille dans les bras,
Regarde cette enfant qui brise son destin
Perles de désespoir livrées à leur instinct
Qui roulent sur sa joue malmenant son karma.

Je t’élèverai seul puisqu’elle nous a quitté
Et t’aimerai pour deux, j’en fais ici serment
J’évoquerai souvent le nom de ta Maman
Car chair de son amour, tu l’aurais mérité.

Lola


Courage Ninon !

Dans quelle voie lactée s’engagera ta vie,
N’élude rien de ton paraître,
L’attente est révolue, émerge de ton être,
La base est édifiée, construis !

Tu crucifies tes joies au détour de tes peines
Ne te morfonds pas dans l’angoisse,
Va rejoindre le jour, rallie-toi à l’espace,
Assume et sois plus souveraine.

Que meurent tes soucis, que vienne le pardon,
Ton hidalgo s’en est allé ;
Tant pis, poursuis ta route, elle sera poudrée,
Dégage-toi du joug, Ninon.

Le bonheur a voulu qu’il te laisse un enfant,
Ce petit scrute ton regard,
Quitte ton air meurtri et ton climat hagard
Fais-en un homme, vaillamment.


Tomi

dimanche 8 mars 2009

L’ignoble Goldérich; Charly encore toi !

L’ignoble Goldérich

Au boulot, nous formons une jolie famille ;
Chacun doit ajouter sa pierre à l’édifice
Jouant l’émulation, tant les idées fourmillent,
Du simple rédacteur à la sous-directrice.

Fraîchement débarqué je crois de Catalogne
Goldérich nous montra d’abord son bon côté
Souriant et affable, vaillant à la besogne
Mais nous devions hélas très vite déchanter.

Lorsqu’il est sous l’emprise de vins ou spiritueux
Il insulte à tout va les clients qu’on reçoit.
Ne cherchez pas à suivre son esprit tortueux
Par des propos obscurs, souvent il vous déçoit.

Il oublie ses amis, les traîne dans la boue
Dévoile les secrets qu’on lui avait confiés
A faire tant d’offenses c’est rien moins qu’un voyou
A qui la quarantaine vient d’être signifiée.

Il faut dire qu’il pousse le bouchon un peu loin.
Quand nous avons aidé une mère en détresse
Qu’un mari trop volage laisse dans le besoin
Il s’est autorisé quelques indélicatesses.

Ma colère, aujourd’hui, a franchi la frontière
De ce que ma raison avait autorisé.
Ce type est un goujat d’une engeance ordurière
Il montre qu’il n’est pas du tout civilisé.

Lola


Charly encore toi !

Faut-il rester stoïque en attendant qu’il dise
“Pardon, excuse-moi, je suis un abruti,
Je ne referai pas demain la mêm’ bêtise,
Je suis une panouille au cerveau ramolli”.

J’ai toujours pardonné, passé cent mille éponges
Sur ses frasques débiles de grand gamin soiffard,
J’ai couvert très souvent centaines de mensonges,
Tant va la cruche à l’eau qu’un jour elle se barre.

Je ne dis pas “cassée” car même si Charly
Me fait encor’ tartir à n’importe quelle heure,
Il est et restera mon copain, mon ami,
Celui de mon enfance, mêm’ si provocateur.

Il a fallu pourtant que je mette mon pied
A un endroit charnu de son anatomie,
J’ai choisi cet endroit pour ne pas l’estropier,
C’était le seul moyen de faire un compromis.

Alcoolo permanent, mon pote a accepté,
Comme déjà trois fois une cure en clinique,
Je l’espère assez fort pour enfin résister
A ce nectar maudit qui le rend maléfique.

Charly écoute-moi plutôt que la bouteille,
Tu as tout ce qu’il faut pour charmer et pour plaire,
Arrête d’adorer la production des treilles,
Charly je t’aime bien, ne me fais donc plus braire.

Tomi

samedi 7 mars 2009

Constamment, sans relâche….. Encore et toujours

Constamment, sans relâche…..


Le travail terminé, j’aime à te retrouver
Le nez sur les copies que tu as ramenées
L’ambiance est feutrée et le phono distille
De vieux disques de jazz dégottés à Bastille.

Quand tu poses sur moi tes yeux plein de tendresse
J’oublie en un instant les tensions qui m’oppressent
Me voilà transportée en des cieux plus cléments
Qui amènent mon âme jusqu’à l’apaisement.

Je m’occupe de toi, te préparant un thé :
Les larmes du dragon que je te fais goûter
Me ramènent à moi, jusqu’au soir sans partage ;
Mon souper aux chandelles aura tous tes suffrages.

Blottis corps contre corps quand le sommeil arrive
Après de longs ébats que la passion avive
On laisse nos deux corps enfin se reposer
Appelant de nos vœux la divine Astarté.

Lola

Encore et toujours

Tandis que dans tes yeux un nouveau jour s’irise
Que piaffe le moineau et vole l’hirondelle
Que Phébus continue à faire des bêtises,
J’attends le crépuscule et ses promesses miel.

Alors que nos chemins bifurquent un court instant
Pour que le quotidien soit approvisionné,
J’imagine avec joie tous ces heureux moments
Que nous retrouverons en début de soirée.

Ainsi à te revoir au coeur de l’Hacienda,
J’écoute progresser les pas de ton pouvoir
Dans mon âme et ma chair, tu es ma Lolita,
Ma houle de passion, la baie de mes espoirs.

Lorsque tu t’assoupis dans un soupir bonheur,
Je reste à te veiller pour ne pas croire au songe,
Quand Morphée me surprend je rêve de chaleur,
Et lui demande en douce que la nuit se prolonge.

Tomi

vendredi 6 mars 2009

Tendre tentateur ; Oh temps, attends !

Tendre tentateur

Les secondes s’égrènent
Interminablement
Tant et tant qu’elles m’enchaînent
Voluptueusement.

Je rythme les instants
Quand je vis tes caresses,
Faisant de mes printemps
Un espace tendresse.

Arrêter nos horloges
Le temps de vivre à deux
Permettre qu’on abroge
Les moments cafardeux.

Qu’en toutes circonstances
Nous soyons transportés
Le plaisir de nos sens
Nous fait virevolter.

Je te garde ce soir
Mon temps le plus précieux
Pour que naisse l’espoir
D’un destin plus précieux.

Lola


Oh temps, attends !


Que ferais-je sans toi,
De ces bouquets d’instant,
Si je ne t’avais pas,
Que ferais-je du temps ?

Ce temps qui s’évapore,
Quand tu es dans mes bras
Ce temps qui me dévore,
Quand tu es loin de moi.....


Coursier de nos désirs
Ô temps suspends ton vol
Héraut de nos plaisirs,
Badine, batifole

Portefaix de bamboches
Ah temps retiens la nuit !
Qu’elle ne s’effiloche
Qu’au besoin de répit.

Messager de surprises
Pour un dessert de classe,
C’est un flan aux cerises,
Temps lucullus vorace.

Surtout pas de temps morts
Ni de temps nébuleux,
Mais tant d’amour d’abord,
Tant de temps à nous deux.....

Tomi

jeudi 5 mars 2009

Petit canard ; Le poussah poussa le pou

Petit canard

Petit canard mignard
Promène son ennui
Sur le lac.
Cancanant à l’envie,
Entre les canoës,
Ses cancans déplaisant
Portent sur ses voisins.
Ah ! pauvre gent ailée
Bouche-toi les oreilles !
Ce que tu vas entendre
N’est pas fait pour te plaire.
Et à cette occasion
De petit qu’il était
Il pourrait devenir
Ce soir un grand canard.

Le bec grand ouvert
Il débine sans cesse
Ses amis, ses parents, ses voisins
« Vise moi donc un peu cette grande bécasse !
De qui se moque donc la mésange à moustache
Avec ses cannes de serin ?
Et toi la triple buse,
Arrête donc de me surveiller !
L’oie peut bien faire sa mijaurée
Elle qui s’encanaille avec les grues.
Et cet autre butor que l’on entend de loin.
Mais à force de jaser comme il le fait
Petit canard s’en retourna tout seul
A ses marais.

Lola


Le poussah poussa le pou

Un pou ripou pourrit la vie
D’une poupée
En lui chantant un pot-pourri
Poussif.
Un énorme poussah
Passa par là
Et rouspéta
“Poussez-vous un peu, pou !
Un peu ou prou,
Mais poussez-vous,
Je veux piquer mon roupillon,
Allez donc roucouler
Dans la poubelle
Et laissez-moi le pouf.”
Le pou prit peur et se poussa
Pour éviter le gros poussah.
Et la poupée pouffa,
Le pou pouilleux s’en offusqua
“Pourquoi vous moquez-vous
Poupée poudrée,
Soyez polie,
Je vous parie une roupie
Que ce gros lard est Polonais,
Qu’il est poltron et paltoquet,
Et que si je me suis poussé
C’est pour ne pas l’écrabouiller.”

Tomi


mercredi 4 mars 2009

Chameau !

Un vieux chameau du Rajasthan
Nous raconta à la veillée
Ses aventures grappillées
Sur les chemins, au fil des ans.

« Et vas-y que je déblatère ! »
Disaient les enfants amusés
« Change de disque, on est blasé !
On te le dit ! tu nous fait braire ! »

« Silence disaient les anciens !
Laissez le conteur s’exprimer.
Il ne faut pas sous estimer
Un esprit aussi cartésien

Sachez qu’il a roulé sa bosse
Appris le tango argentin
Malgré ses airs de cabotin
N’allez pas lui chercher des crosses ! »

« Soiffard de Sidi-bel-Abbes
Tu traînes un mauvais caractère,
Disaient les jeunes velléitaires,
De Mongolie jusqu’aux Aurès ! »

Notre chameau était un sage
On le vit suçoter des dattes
Crachant ses noyaux dans la jatte
Posé sur un échafaudage.

Puis de sa voix de baryton
Rompant un silence pesant
Il répondit aux malfaisants
« messieurs vous n’êtes que des thons ! »

Lola

Il y a ceux qui disent,
Il y a ceux qui font.

Un ferronnier aisé
Se gelant dans le célibat,
Rencontra lors d’une soirée
Une dame.
Ah ! l’infâme !
“Méfiez-vous,” lui dit-il,
D’emblée,
“Des baisers de Judas,
Ces mondanités en regorgent,
Ne croyez rien qu’à moi,
Je vous offre ma forge,
Mon haras, ma villa,
De grâce, épousez-moi”

La dame époustouflée par tant d’impertinence
Regarda l’audacieux
Dans les yeux.
“Mais Monsieur,
Feriez-vous abstinence
Depuis bien trop longtemps
Pour vous ruer ainsi sur moi ?
Ayez de la décence !”

L’abruti, impavide
Tourna illico ses talons
Pour faire sa proposition,
Avec les mêmes mots fétides
A une demoiselle
Qu’il souhaitait être pucelle.

Tomi

mardi 3 mars 2009

Eclaircissement; Explication

Eclaircissement

Echeveau emmêlé
De mots tôt regrettés
Que ma seule colère
Sur un coup de calcaire
A voulu te lâcher !
Issu d’un désaccord
Que d’aucun jugera
Banal.

Genèse d’une dispute
Ordinaire, en somme,
Qui, un temps, a mis mes sens
Sans dessus dessous
Pour quelques fringues
Oubliant un instant
L’essentiel d’une vie.

Pourquoi a-t-il fallu
Qu’un matou envieux
S’en prenne à mes habits
Lacérant l’organdi
Massacrant le linon
Griffant le taffetas ?
Ne pouvait-il s’en prendre
Pour passer sa fureur
A mes toiles de jean ?

Phébus, sacré canaille !
Tu es cause de tout.
J’ai retrouvé un temps
Mes bouderies d’enfant
Je comprends grâce à toi
Ce que j’ai d’important
Et que quelques habits
Ne m’enlèveront pas.

Lola




Explication

Ton cheval, mes chevaux,
Ton Panam’, ma moto
Et un week-end divin
Pour éponger les maux
D’une première bouderie,
D’un conflit
Anodin.

Qui fut donc cette pomme
De discorde ?
Que fut cette querelle,
Cette horde
De mots chicane à fleur de peau,
De mots chamaille,
De mots mélo
Presque bye-bye......

Malentendu autour d’un chat,
Rien que cela !
Jalousie d’un félin
Qui ne supporte pas
Nos doux câlins,
Qui fait ses griffes
Sur tes affaires,
Qui se rebiffe
Et t’exaspère !

Tu es pour lui l’intruse.....
Il faudra bien que tu comprennes,
Sacré Phébus,
Que maintenant dans l’Hacienda,
La reine c’est Lola
Et qu’il faut appeler un chat
Un chat !!!


Tomi




lundi 2 mars 2009

Regrets ; Il vaut mieux

Aujourd'hui plus particulièrement je pense à toi ma Mimu...


Découvrez Radiohead!

Regrets

Lorsque le pain durcit tout au fond de la huche
Comme les sentiments d’un cœur indifférent
Qui au moindre faux-pas, dans le néant trébuche
On se souvient alors qu’on mangeait son pain blanc.

Quand un cru mal bouché tourne à devenir aigre
Que l’on vous force à boire le vin jusqu’à la lie
Que les discours tenus omettent d’être intègres
On déplore les jours teint de mélancolie.

Alors que les tourments endeuillent les souvenirs
Stigmates d’égoïsme, froideur inattendue
Les feuilles de l’automne recouvrent l’avenir
Où planent les disputes et les malentendus.

Il subsiste pourtant des souvenirs heureux
Lambeaux de la mémoire, comme des oripeaux
Accrochés à des cœurs dont le fond généreux
Résiste avec vigueur à l’esprit d’à propos.


Lola


Il vaut mieux

Quand s’effeuille le jour comme une rose blette,
Et que le quotidien se morfond gravement,
Que l’amour dévêtu ressemble à un squelette
Il vaut mieux dire adieu aux parfums somnolents.

Lorsque la nuit se fige à pétrifier les rêves
Puisque l’indifférence a tué l’aventure
Que la tendresse même a perdu de sa sève
Il vaut mieux endosser un pourpoint de rupture.

Alors que rien ne reste à des corps indolents
Juste un peu de mémoire affublée d’amertume
Oubliant les promesses qui rejoignent l’antan
Il vaut mieux retourner sur un autre bitume.

Reste encor’ le soleil pour croquer le passif
L’astre du jour scintille accroché à l’azur
Plantant ses banderilles au gré d’un vent furtif,
Il brillera toujours dans une autre embrasure.


Tomi

dimanche 1 mars 2009

Quelle Vérité?; Tristes sires

Quelle Vérité?


Dans les couloirs, Tour Montparnasse
J’ai croisé la belle Eve Hidense
Qui se trouve dans la mélasse
Pour une histoire d’autodéfense.

Elle en a perdu le sourire
Quand Art Yfis a démandé
A Côme Eddy de réécrire
Un texte d’Eve sur la Corée.

Piratage informatique
Pour effacer tout’ les données
Rendre son ordi amnésique
Nul ne saura la vérité.

Elle a perdu son boulot Eve
Pour n’avoir su se contrôler
Au moment où Eddy achève
De lire le rapport volé.


Lola


Tristes sires

J’ai rencontré Candy Raton
Accompagnée de Medhi Zans,
Les bras chargés de vieux cartons
Remplis de tristes confidences.

Comme Hantaire n’était pas loin,
Il est venu prêter main forte
Mais manchot, le petit Malouin
N’a pu être que nain d’escorte.

C’était pour un vide-grenier
Que les copains se préparaient
Ils allaient pouvoir calomnier,
Faire tomber les couperets.

Mais avant d’arriver sur place
Ils se sont faits interceptés
Par la brigade anti-rapace
Commandée par Franc et Carré...

Tomi

samedi 28 février 2009

Inventaire 78

Un satellite soviétique
Se désintègre au Canada
Des progrès de l’informatique
La micropuce apparaîtra
Le boxeur Mohammed Ali
Perd sa ceinture sans un bruit
Un grand journal de Chicago
Va arrêter ses ronéos.
Claude François est décédé
Ses fans en sont tout retournés
Aldo Moro assassiné
Les brigades l’ont condamné
Un pétrolier va s’échouer
La Bretagne sera souillée
Des oscars pour Woody Hallen
Et Annie Hall qui nous surprennent
Mesrine qui se fait la malle
Aldo Moro criblé de balles.
On vole le corps de Charlot
Le maillot jaune pour Hinaut
Naissance d’un bébé éprouvette
Deux fois le Vatican s’entête
A Camp David on fait la paix
Alors que meurt Charles Boyer.
Jacques Brel nous quitte aux Maldives
Au Guyana la mort dérive
Cette année là avec Amour
C’est ta Lola qui voit le jour.

Lola




Années cinquante

La chambre où rode son angoisse
Est balayée de sillons noirs.
Désarroi en quête d’espace,
A l’affût de notes d’espoir.

Tanger, un palais en terrasse,
Un bateau à l’escale, un soir...
Maisons blanches, blancs minarets
Et depuis, un exil muet.
Le Grand Socco et le Petit...
Elle voulait les voir,
Curieuse des couleurs, des bruits,
Dans son tailleur ivoire.
Les jardins de la Mendoubia,
Marbre blanc, plac’ de la Kasbab
Et les rues de la Médina.

Années cinquante, elle a tenté
Son aventure,
A la lecture
De Jo Kessel.....
Enlèvement pour un harem
Est-ce fiction ou bien réel ?
Années cinquante, c’était le thème......

Tomi

vendredi 27 février 2009

Calomnie ; Vérité

Calomnie

Comme l’eau de la source
Elle sourd,
Sortie des profondeurs
Lorsqu’elle prend sa course
Un jour
Ce n’est qu’une rumeur.
Gentille et innocente
Elle progresse dolente ,
Montrant le doux visage
D’un simple babillage,
Inoffensif discours,
Plaisir du calembour.
Mais, elle s’insinue,
Chargé d’un contenu,
D’une abomination.
Car cette délation
Publique et arbitraire
Amène à se taire
Celui qui est touché
Par ces méchants clichés.
Elle détruit
Sans aucun bruit
Clandestine
Assassine
Destructrice
Accusatrice
Lorsqu’elle éclate au grand jour
Elle démolit sans détour.
Puis elle disparaît
Ainsi qu’elle était née.


Lola


Vérité

Consentante et cachée,
Elle dort,
Dans un puits de néant.
Limpide ou inventée,
Elle sort,
D’une bouche d’enfant.
Païenne ou historique,
Pour les uns spécifique,
Elle est en marche
Ou vient de l’Arche ;
Elixir dans les veines,
Elle meurt dans l’arène
Pour un aveu forcé,
Pour un taureau traqué.
On la regarde en face,
Lorsque la vie s’efface.
Elle est pure maîtresse,
Elle est dure traîtresse.
Elle est en toc
Elle est en bloc,
Inquiétante,
Décevante,
Insidieuse,
Ennuyeuse.
Elle est celle que l’on camoufle,
Celle qui boîte et qui s’essouffle.
Eclatante ou fragile,
Pour les uns évangile,
Pour les autres paresse,
Elle est celle qui blesse.
Chacun défend la sienne,
Elle est politicienne.
Endimanchée ou nue
Elle peut être celle qui tue..........


Tomi

jeudi 26 février 2009

Jeff! ; Après le tango, la valse

Jeff


Fais encore un effort, Jeff, assume tes erreurs !
Tu rejettes sans cesse la faute sur ton prochain.
A quoi peut te servir de faire un baise main
Quand tout le monde sait que tu es mauvais coucheur.

Lorsque tu as rangé dans ta bibliothèque
Ce livre magnifique sur les bonnes manières
On s’est dit : c’est gagné, ses façons cavalières
Une fois disparues le rendront moins métèque.

Eh bien toi, tu fais fort ! tu te tiens mal à table
Mangeant avec tes doigts, t’essuyant sur la nappe
Eructant bruyamment pareil à une gouape
Tu franchis, les limites, ce soir, du tolérable.

Mais je ne comprends pas la raison pour laquelle
Tu t’en prends violemment à notre douce hôtesse
Faut-il que ta conduite nous montre ta bassesse,
Le peu d’ éducation que tes actes décèlent ?

Si Henri de Bourgogne tira quelques profits
Des conseils prodigués par Erasme son maître
Tu sais que la lecture avec toi ne suffit
Il te faut pratiquer et ne rien compromettre.

Lola



Après le tango, la valse

T’es pas guéri de tes soucis
Ta panse encore périclite
Voilà que depuis mercredi
Tu nous annonces une gastrite.
J’avais pensé que le tango
Allait enfin cicatriser
Le logo que l’impétigo
Avait greffé sur ton acné.

Avec cela ta couperose
Accentue ton regard bigleux
Heureusement pour ta cirrhose
Qui d’un seul coup se porte mieux.
C’est pas pareil pour ta mouillette
Qui encore toujours se lamente
De ne pouvoir faire trempette
Malgré des offres alléchantes.

Tes chevilles ont enflé depuis
Que tes orteils ont dégonflé
Ça n’a pas arrangé le bruit
De tes intestins surchargés.

Tu nous gaves avec tes bobos,
Ton hypocondrie exaspère !
Une cure de placebo
A base spermatozoaire
Pourrait être la panacée.
Il est grand temps de fair’ valser
Ton amour pour le caducée
Vers une passion plus sensée !!!


Tomi

mercredi 25 février 2009

Vilain Martin

Vilain Martin

De son prénom Martin, de patronyme Galle,
Fils d’une couturière et d’un croupier bossu,
Aventurier coquet de l’extraconjugal
Il menait une vie qu’on disait dissolue.

De ses oeuvres de chair sont nés plusieurs enfants,
Des garçons et des filles, des blonds, des bruns, des roux,
On en dénombra vingt lors d’un recensement
Que fit faire l’épouse affublée d’un ripou.

Bien d’autres vices encore avariaient l’atmosphère
Du ménage bancal au bord de la rupture
Joueur invétéré, digne fils de son père,
Martin Galle flambait avec désinvolture.

C’est un lundi de mars que dès potron-minet,
Elle fit le projet de quitter son mari...
Pour un coup de fouet Madame Marthe Hinet
A repris pour de bon son nom de jeune fille.

Tomi

mardi 24 février 2009

contes et légendes ; Respect et dignité

contes et légendes

Le beau, le merveilleux n’a plus droit de cité
Tout ce qui fait rêver le cœur pur d’une enfant
Tous les princes charmants, toutes les bonnes fées
Tous ces héros glorieux qu’on voyait triomphant.

Ulysse revenant vers sa lointaine Ithaque
Simbad, Marco Polo, Magellan ou Cartier
Mondes surnaturels, îles paradisiaques
T’entraîneront, petite, en terres inexplorées

Du pays de cocagne jusqu’à l’Eldorado
Voyage dans tes livres, laisse aller ton esprit
Côtoie Esméralda, Frollo, Quasimodo
Fabrique toi du rêve sans aucun parti pris.

Tu croiseras des diables, des démons, des sirènes,
Centaures et sorcières, dragons et paladins
Du peuple des lutins tu seras souveraine
Cultivant la glycine au fond de ton jardin.

Lola


Respect et dignité

Le monde est un cortège où chaque individu
Brandit la banderolle attestant son vécu
Pour l’un elle est de soie, pour l’autre de chiffon
Mais tous demandent à tous, le respect, la raison.

Dans un torrent d’écume, debout sur le rivage,
En forêt tropicale ou les contrées sauvages
L’homme a besoin surtout d’honorabilité,
La décence voudrait qu’il soit considéré.

Et pourtant ceux qui prônent égards et dignité
Ne sont pas les premiers à bien s’y conformer,
Chacun entend midi bourdonner à sa porte,
Mais nombreux sont ceux qui se conduisent en cloportes.

Le Net est un navire houleusement pervers,
Où le tendre se meurt, où le tordu s’affaire,
Par manipulations, magouilles ou manigances
A noyer les poissons qui nagent sans cadence.


Tomi

lundi 23 février 2009

quand; Vivons à pleine vie

Quand

Quand nos regards subsistent au-delà du désir
Quand nos soupirs engendrent un excès de folie
Et que dans nos délires nous prenons du plaisir
Nous devenons enfin deux amants accomplis.

Quand nos cris se rajoutent à nos râles ardents
Quand nos nuits s’effilochent en des matins fiévreux
Et que dans nos désordres aux accords concordants
Nous gagnons notre éden en galants sulfureux.

Quand nos mains impétueuses finissent le prélude
Quand nos corps allumés attaquent l’adagio
Et que dans un soupir, en guise d’interlude
Nous achevons comblés notre air avec brio.

Quand nos désirs s’enchaînent soirée après soirée
Quand nos lèvres s’abreuvent de nos passions gaillardes
Et que dans notre ivresse où l’on s’est égaré
On engrange bientôt des bonheurs qu’on chaparde.

Lola


Vivons à pleine vie

Tous ces orgueils surfaits que submerge le temps
Tous ces passés secrets dormant dans les arcanes
Sont autant de stigmates ameutant l’inconscient
Quand la faucheuse sort, se pavane et ricane.

A quoi bon les regrets lorsque la Parque danse,
Et qu’elle nous invite au repos éternel,
Lorsque l’orage gronde avec outrecuidance
Rien ne sert de courir pour parer au tunnel.

Aucune nostalgie, ni même les remords
N’enrayeront l’instant de ce très long voyage,
A l’extinction des feux s’endormiront les corps,
Quels que soient leur renom, leur fortune ou leur âge.

Vivons à pleine vie, mangeons à pleines dents,
Aimons, chantons, dansons, existons sans répit,
Pour n’avoir rien perdu quand viendra le moment
De dire “Adieu le monde....Bonjour le paradis” !!!!!


Tomi

dimanche 22 février 2009

Suzon; inventaire

Suzon


Installée sur la place, tout au long de l’année,
Elle vend des légumes et des fleurs à foison;
Sa carriole de bois, roulant sur les pavés,
Attire les badauds, quelque soit la saison.


Tous les gens du quartier apprécient la Suzon
Qui vient leur apporter du bonheur par brassées,
Petites fleurs fragiles, placées dans leurs maisons
Qu’elle offre à tout venant, sans jamais les forcer.


Pourtant, un beau matin, un quidam agacé
Par tant de gentillesses, tant d’amabilité,
Crut bien faire en allant se plaindre à des condés,
Trouvant louche et suspecte sa noble activité.


La police zélé , conduisit la fautive
Menottée jusqu’au poste pour être interrogée
Au sujet d’un trafic d’émotions primitives,
Interdites de legs, qu’elle avait engagées.

Lola


Inventaire

Il avait un ticket avec la guichetière
Porte de La Chapelle,
Et un chagrin d’humour avec la cantinière
Du lycée Beaugrenelle.
Un bulletin de paye, une carte bancaire,
Un titre de transport,
Quelques bons du Trésor,
Un coupon découpé dans un journal du soir,
Pour une réduction dans un hammam d’Issoire.
Plus un abonnement au cinéma Cristal,
Verte comme une pomme, une carte Vitale,
Quelques billets de banque
Dans un porte-monnaie,
Des boules de pétanque
Avec leur cochonnet,
Un crayon avec gomme,
Et bien sûr des condoms......

Ceci est l’inventaire
Du sac de Monsieur Pierre,
Qui dans son baise-en-ville
N’a pas jugé utile,
Malgré son faible poids
D’ajouter la notice ou le mode d’emploi,
De comment composter un ticket de première........


Tomi

samedi 21 février 2009

Jonas; Coïncidence ou imagination ?

Jonas

Jonas vient d’endurer des moments détestables
De ces jours de douleurs à devenir marteau
Il ne se souvient plus les raisons véritables
De son internement en maison de repos.

Fallait-il qu’il en sorte ? Fallait-il le garder ?
Il s’en prend à chacun, vit sa misanthropie
En attaques verbales, en propos déplacés
Et ne lâche son os que s’il est en charpie.

Il s’est, dans des écrits, longuement dévoilé
Tirant à ses amis des larmes attendries
Il tient au même instant des propos vérolés
S’emportant pour un rien, sa nature aigrie.

Et lorsqu’il touche au cœur son sourire rapplique
Il ne regarde pas le poison qu’il essaime
Laissant derrière lui un décor chaotique,
Détruisant nos valeurs, il pourrit le système.

Lola


Coïncidence ou imagination ?

J’ai vu se déplacer un rideau en percale,
S’entr’ouvrir la fenêtre au quatrième étage,
Et dans son embrasure, là, à la verticale
Un homme qui criait “Je suis vert-gris de rage,
On a tiré sur moi, on a pulvérisé
Le lustre du salon et mes roses en plastique,
La statue de Staline, et l’on m’a fait louper
L’essai que je faisais pour détruire une tique”

J’étais très étonné de voir l’énergumène
S’ébattre et battre l’air alors qu’à mon avis
Il aurait dû d’abord citer le phénomène
A la maréchaussée... mais bien mal m’en a pris.
Après être monté jusque devant sa porte
Pour m’assurer surtout qu’il n’était pas blessé,
Je me suis retrouvé devant une cohorte
De voisins excédés qui voulaient l’apaiser.

“Personne n’a tiré” me dit un riverain
“Monsieur Christian s’amuse à jouer au martyr,
Il ameute la foule ainsi chaque matin,
En pensant gentiment pouvoir la divertir.
De ses nombreux séjours au pavillon Bresson
Il ne retire rien que quelques accalmies,
Encore ne faut-il pas que Madame Tesson
Vienne rendre visite à son jumeau de lit.”

Coïncidences bizarres ou imagination ?
Pourquoi faut-il toujours que je sois le témoin
D’histoires peu banales ou les complications
Sont mines de récits de sagouins mal en point.......

Tomi

vendredi 20 février 2009

Encore Valère; Adalbert enfin ???

Encore Valère …


Ses frasques sont connues dans toute la Provence
D’Arles à Briançon, de Menton à Valence
Il recouvre à tout va les loyers impayés
Que les riches bourgeois refusent de verser.

Pourtant dans son métier il fait la différence
Sachant si besoin est déclarer la carence ;
Qu’un gueux ne puisse pas un jour verser son terme
Les portes de l’étude sur le vautour se ferment.

Il a saisi, hier, le plus haut magistrat,
Qui cherchait ses plaisirs dans le Kama- Sutra
Et pour choyer son vice oubliait de régler
Les traites qui avaient fini par l’étrangler.

Valère excédé lui a fait rendre gorge
Notre juge soufflait comme un soufflet de forge
Lorsqu’il lui a tiré son ultime copeck
Notre huissier ignora la fonction du métèque.

Lola


Adalbert enfin ???

Lorsqu’il s’agit de plaire, Adalbert fait des frais,
Ses cheveux longs et gras retrouvent la tondeuse,
Il prend un bain aux algues et se rase de près,
Eraflant au passage une peau bourgeonneuse.

Non ! ce Monsieur n’est pas notre bouc émissaire,
Alain, Manu, Oscar et les autres copains
Le trouvent attendrissant et ce malgré les airs
Que le Vicomte prend pour raconter “demain”.

Rendez-vous croustillant prévu rue Saint-Denis,
Son prénom est Irène, de dix ans son aînée,
C’est dans un petit bar appelé Sans-Souci,
Que le quinquagénaire ira la rencontrer.

Nous espérons qu’enfin notre copain se case,
Qu’il trouve la chaussure adaptée à son pied
Après avoir étreint de trop nombreuses grâces,
Son Amilcar et lui aspirent à un foyer.


Tomi