dimanche 23 mars 2008

A Marie

Peut être que les lecteurs seront contents de lire ce poème de Guillaume Apollinaire écrit probablement après le départ de Marie Laurencin en 1912. Ce poème paraîtra d'abord dans Soirées de Paris et l'année suivante dans Alcools.(1913)


Je l'ai reçu aujourd'hui de Rom et je vous livre dans son intégralité. Dans son commentaire du billet précédent il n'évoquait pour nous que la dernière strophe. Marie aurait sans nul doute aimer l'entendre de ta bouche. Chacun de nous aura une perception différente de ce poème. Ou peut être la même...


A MARIE

Vous y dansiez petite fille

Y danserez-vous mère-grand

C'est la maclotte qui sautille

Toutes les cloches sonneront

Quand donc reviendrez-vous Marie


Les masques sont silencieux

Et la musique est si lointaine

Qu'elle semble venir des cieux

Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine

Et mon mal est délicieux


Les brebis s'en vont dans la neige

Flocons de laine et ceux d'argent

Des soldats passent et que n'ai-je

Un coeur à moi ce coeur changeant

Changeant et puis encor que sais-je


Sais-je où s'en iront tes cheveux

Crépus comme mer qui moutonne

Sais-je où s'en iront tes cheveux

Et tes mains feuilles de l'automne

Que jonchent aussi nos aveux


Je passais au bord de la Seine

Un livre ancien sous le bras

Le fleuve est pareil à ma peine

Il s'écoule et ne tarit pas

Quand donc finira la semaine


Guillaume Apollinaire


Tableau de Marie Laurencin.



Joyeuses Pâques à toi Lecteur!

3 commentaires:

Rom a dit…

le 24 décembre 1913, aux Archives de la parole-Sorbonne, plusieurs écrivains dont Apollinaire se retrouvent pour une séance d'enregistrement.
Guillaume Apollinaire va dire et enregistrer trois de ses poèmes : Le Voyageur, Le Pont Mirabeau, puis Marie.
Il s'écoute, non sans stupeur. Ses amis le retrouvent, mais il ne se reconnaît pas !
Le ton est un peu théâtral (assez commun à l'époque) mais écouter un poème lu par son auteur est touchant.
Le lien sonore, pour les curieux.
http://gallica.bnf.fr/ArchivesParole/

Mamselle Poivert a dit…

Tiens, je ne savais pas qu'il y avait des archives sonores dans Gallica ! Cela mérite une petite visite, pour une si belle occasion.

ariaga a dit…

C'est une bonne idée que tu as eue là et j'ai parcouru pas mal de pages. J'aimerais bien le jour où je disparaitrai avoir eu des amies aussi fidèles.