vendredi 3 avril 2009

Souvenirs, souvenir; En d'autres mots

Souvenirs, souvenir

Arrête de piaffer, mon coeur! Qu'est-ce qui t'emballe
Je t'entends marteler au fond de ma poitrine
Un rythme de salsa ou bien mieux de biguine
Quand tu m'avais offert l'aubade matinale.

Les souvenirs s'en viennent et me font frissonner
Le plaisir reste intact, je perçois sur ma peau
Les spasmes du désir de vivre à nouveau
Les si belles vacances que l'on s'était donné.

Une simple musique venue me rappeler
La joie d'être partie, pour passer quelques jours
Tout près de l'océan, dans un divin séjour
Avec mon Cupidon, pour moi seule à aimer.

Dis! quand reviendront-ils ces jours si merveilleux
Que nous avons passés sous des cieux si cléments
Tu traduisais en gestes ton langage d'amant
Je déchiffrais l'amour tout au fond de tes yeux.

Lola



En d'autres mots

Rien ne saurait mourir sans laisser une trace
Les souvenirs ardents de ce séjour là-bas
Resteront pour toujours à leur meilleure place
Comme chaque minute avec toi ma Lola.

Nous parlerons souvent de la Capoeira
Des vagues argentées, du sable, des merveilles,
Nous y retournerons et reverrons Bahia,
Ses maisons colorées éclairées de soleil.

Nous garderons en nous, au delà du langage,
nos joies, nos pleurs, nos doutes, à l'aube de la vie
Qui habite ton sein et qui est le doux gage
De notre amour profond voguant vers l'infini.

Lorsque je serai vieux, que tu seras aïeule
Nous pourrons raconter à nos petits enfants
sautant sur nos genoux à l'ombre d'un tilleul
Combien nous nous aimons et que le monde est grand.

Tomi

jeudi 2 avril 2009

mon amie Fleur; Stances

Mon amie Fleur


Il paraîtrait qu'il a trouvé l'Eldorado
L'ailleurs attire encore lorsqu'on le sait blasé
Il part chercher au loin ce qu'il tient de si près
Faisant porter aux siens un énorme fardeau.

La mariée est trop belle, il te faut la tromper
Sans aucune vergogne, avec malin plaisir
Et tant pis si la belle n'aura du triste sire,
De sa méchanceté, que les yeux pour pleurer.

Sache qu'il va chercher à te reconquérir
A regagner un soir le chemin de ton coeur
Mais tu dois refuser de ce baratineur
La pierre du Caucase qu'il va vouloir t'offrir.

Il faudrait que tu gagnes, Fleur, ton indépendance
Apprends à décider, ton avis vaut le sien
Libère-toi des chaînes qu'offre son quotidien
démontre que tu peux vivre sans assistance.

Lola


Stances

Je vous salue Lucie, Sylvie, Léa, Dédée
Déesses au corps ambré,aux cheveux souples et fins

Fin d'une ère passée, d'une époque dorée
Réminiscences bleues de quelques beaux matins.

Je vous dédie ces mots, modestes mais sincères,
Restent les souvenirs que je ne renie pas
Passant de votre vie, voyageur éphémère
Errant sur la planète, allant de ci de là.


Je te salue Lucie, cigale à l'Alhambra
Bradant jusqu'à ton ombre pour quémander l'amour
Mourant de lassitude à tous ces vains combats
Bats-toi encore amie la vie n'est pas qu'un four.

Je pense à toi aussi, Sylvie la mythomane
Maniant le mensonge en mystifiant le monde,
Mondaine versatile, un brin mégalomane
Ne quitte pas la cour, reste la vagabonde.

Léa, Dédée que dire après plus de dix ans,
Enfants, gosses, gamines et heureuses de l'être
Etrillant sans remords les riches, les manants
N'en pouvant plus de rire avant de disparaître.

Que ce récit Sylvie, Lucie, Dédée, Léa
Accompagne vos jours en toutes circonstances
Stances que je dédie à ma douce Lola
La femme de ma vie, ma joie, ma subsistance.


Tomi

mercredi 1 avril 2009

veillée; une nuit par hasard

Veillée


Souffle la tramontane, descend des Pyrénées!
Chasse enfin les nuages qui masquent l'amitié.
Le froid vif et mordant assiégeant nos vallées
Se faufile partout, s'infiltre sans pitié.

Nos soirées devant l'âtre s'étirent en longueur
Les conteurs font merveille et les petits enfants
Les yeux plein de sommeil, laisseraient passer l'heure,
Si ne veillaient sur eux, les yeux de leurs mamans.

Auprès d'un feu qui ronfle la mamée, endormie,
S'est enfin assoupie, laissant le temps filer
Dans ce mal qui la ronge, elle prend l'accalmie
Comme on tient la quenouille, sans jamais se lasser.

L'ancêtre, lui, écoute, les deux mains sur la canne,
Son corps est secoué de sérieux tremblements
Il s'accroche pourtant à sa terre occitane
Il voudrait voir les fils de ses petits enfants.

Lola




Une nuit par hasard



Par une nuit d'ébène,
Dormant comme une souche
Celle du bois de chêne
Dont est faite sa couche,
Imogène
Fit un rêve bizarre.

Un chevalier errant
Venu de Tasmanie
Sur un destrier blanc
Constellé de rubis
Conquérant
Fit une entrée bizarre.

Il voulut l'enlever
L'amener à Harlem
Non pas pour l'épouser
Mais en faire un totem
Ciselé,
Revêtu de lézard.

Ribambelle de cris,
Hurlement de détresse
Imogène se vit
Amputée de ses fesses
Si jolies.
Adieu tous ses falzars.

Par une nuit d'ébène,
Un chevalier errant
D'une souche de chêne
A fait un talisman...
Imogène
Dormait là par hasard.

Tomi

mardi 31 mars 2009

Toi, moi et ; c'était l'instant fugace

Toi, moi et

Ce soir, j'ai préparé un souper aux chandelles
Il me faut t'annoncer une grande nouvelle
Tu as dû te douter, en voyant mon état
Le test l'a confirmé, tu vas être papa.

Rappelle-toi ce jour, où nous sommes allés
Dans ce petit café de Saint Germain des Prés,
Au fond de tes yeux bleus, quand l'enfant t'a souri,
J'ai cru lire l'objet de toutes tes envies.

Moi qui depuis longtemps le rêvait en secret
Un petit bout de chou qui serait ton portrait
La fierté aujourd'hui de porter ton enfant
Ajoute à notre vie des accents triomphants.

Je veux être à l'écoute de cette vie naissante
Me consacrer à elle toute affaire cessante
Et prouver sans retard à l'auteur de ces jours
Que je suis son amante et le serai toujours.

Lola




C'était l'instant fugace


Aurais-je eu tant la foi, si tu n'étais ma vie
Lorsqu'à l'instant fugace aux dires de nos âmes
Nos corps se sont aimés d'une seule embellie
Pour qu'enfin aujourd'hui notre bonheur le clame.

Ce dîner aux chandelles sur fond de mazurka
M'a confirmé enfin qu'on pouvait en parler
Le feu de cheminée au coeur de "l'hacienda"
A brûlé tous les maux de ces deux mois passés.

Les mots que j'avais peints sur tes malaises gris,
Etaient couleur d'espoir pigmentée d'inquiétude
Depuis dix jours je sais car tu me l'as appris
Que de ma crainte folle est né la certitude.

Il ou elle sera du signe du cancer
Si Madame Nature a le destin heureux,
Et à la mi juillet je serai enfin père
Notre attente verra s'accomplir tous nos voeux.

Tomi

lundi 30 mars 2009

Pour vous deux simplement; retrouvailles

Pour vous deux simplement,

Lorsque je vous ai vu, tendrement enlacés
Sous la haute charmille où tu as conduit
Je peux vous assurer de l’effet que produit
Deux êtres, que l’on aime, en train de s’embrasser.

De voir votre passion, sous nos yeux éblouis
Ravive en nos cœurs nos propres sentiments
Les ans qui ont passé les ont épanouis
Et n’ont pas altéré le feu de ces amants.

Ah ! mes parents chéris, je vous porte en mon cœur
Et remercie le ciel d’être un de vos enfants
Vous respirez la joie, continuellement.

Vous avez si souvent dispensé vos douceurs
Qu’aujourd’hui, la nichée, devant vos cheveux blancs,
Vous serre dans ses bras, dans leur attachement.

Lola




Retrouvailles

“Vrai de vrai”, cria-t-il,
Et de rire
A gorge déployée,
A regard déluré,
Un délire
Aux couleurs infantiles

“Mais c’est toi”, lui dit-il
“J’y crois pas”
Et pourtant c’était lui
Ce cher Marcel-Louis
Le Sétois
Réapparu en ville

“D’où viens-tu, ma canaille ?
Tant d’années
Depuis ce fameux bal
Où tu t’es fait la malle
Ont passé....”
Plaisir de retrouvailles.

Bonheur à sens unique,
Singulier....
Sans réflexe, Marcel
Trace sa route tel
Un limier,
Aveugle et amnésique.

Horreur d’un accident !
Comprenant,
En insistant encore
Que n’était dans ce corps
Pantelant
Qu’un Marcel mort-vivant !



Tomi

dimanche 29 mars 2009

Pilar; mon père ce héros!

Pilar

Une mantille noire en guise de parure
Posée sur tes cheveux comme seule coiffure
Eclaire ton visage où la sérénité,
Privilège des ans, est venue scintiller.

Tu sembles une duègne, aux formes généreuses
Le regard pétillant et les lèvres boudeuses
Accentuent la douceur qui émane de toi
Et apportent au foyer la tendresse et la joie.

Tu m’as accompagnée de tes conseils de mère
De ma plus tendre enfance, insouciante et fière
Au jour où, enfin femme, j’ai pu quitter le nid
Avec l’approbation de mes parents bénis.

Je t’ai vu sur le sol de ton Andalousie
Retrouver la jeunesse et puis la fantaisie
Des rythmes flamencos que tu as délaissés
Pour être notre maman … sois-en remerciée !

Lola




Mon père ce héros !

Lorsque Georges soupire au chevet de la terre
Qu’il vient de modeler, c’est qu’il est satisfait,
Son oeuvre terminée, il en fait légataire
La pièce du premier, saturée à souhait.

C’est pour son seul loisir que maintenant il sculpte,
En écoutant Django, Gershwin ou Beethoven,
Sirotant sa tisane ...il a fui le tumulte
Des galeries d’expo et de la vie mondaine.

Il offre très souvent sans jamais monnayer,
Un buste de diva, un chat, ou ce qui plaît
A ceux de ses amis qui sans rien demander
Repartent de chez lui avec un gros paquet.

Ses grands yeux bleus sourient, sa bouche se fait ronde
Quand Marika lui dit combien elle est sereine
D’avoir un tel mari et que pour rien au monde
Personne d’autre qu’ell’ ne fera sa verveine !!!!


Tomi

samedi 28 mars 2009

Marie-Lou; Pôôvre Raoul

Marie-Lou

Tu pleures une amitié
Auprès des gens honnêtes
Et à tout le quartier
Décoche tes courbettes.

Tu forces les faveurs
D’innocentes victimes
Avec tant de candeur
Qu’elles t’ont en estime.

Soudain, tu les ignores,
Reluquant ton nombril
Plante tes banderilles
Comme un toréador.

Tu t’acharnes pourtant
Sur ce dernier ami
En propos révoltants
Entachés d’infamie.

Pourquoi a-t-il fallu
Que nos chemins se croisent ?
Ton côté dissolu
Fait petite bourgeoise ?

Je te croyais sincère
Quand je t’ai écoutée ;
A te regarder faire
Me voilà écœurée.

Marie-Lou oublie-moi !
Oublie qu’un soir de mai
Chez le « Royal Valois »
Tu as pris mon amitié.


Lola



Pôôvre Raoul

“Je veux que l’on me plaigne,
J’implore la pitié
Je suis le porte-enseigne
Des amants bafoués.”

A l’entendre gémir
A longueur de journée
Raoul fait dans le pire
A geindre à pleurnicher.

Toutes ces jérémiades
Pour un amour perdu
Une belle naïade
Légèrement dodue.

Ce n’est pas la première
Qui fait bêler Raoul
Hier c’était la fermière
Du lieu-dit “Gare aux poules”.

Ainsi chaque semaine
Il nous revient morose
Sans se prendre la peine
De se remettre en cause.

Mais un bonnet de nuit
Ne peut vivre le jour,
Pleurnicheur malappris,
Raoul perdra toujours.

Tomi

vendredi 27 mars 2009

Solitude; la belle Irène

Solitude

Il rentre seul, ce soir, dans son appartement
Enfile ses pantoufles et ferme les volets
Regarde des portraits anciens de ses enfants
Ses souvenirs affluent qu’il ne peut contrôler.

Il sait sa mort prochaine, à quatre-vingt seize ans
Il croit la lutte vaine et veut payer comptant.
Il attend la faucheuse avec sérénité
Car il souhaite garder toute sa dignité.

Ses enfants sont partis pour parcourir la terre
Ou pour vivre leur vie comme font les enfants
Ils ont juste oublié de rentrer leur colère
D’oublier les querelles qu’ils font à leurs parents.

Cela fait cinquante ans qu’il vit sa solitude
Ses lèvres sont scellés, il n’a plus rien à dire.
Personne ne viendra ce soir, pour adoucir
Le chagrin qui le ronge et la décrépitude.

Lola



La belle Irène


Lorsque la belle Irène ameute le quartier
En promenant Socrate, bichon ventripotent
Ce n’est pas pour la frime, mais pour l’oxygéner,
Et les passants auront passé un bon moment.
Il en vaut bien la peine
Le toutou à Irène
Avec ses quatre pattes
Coincées dans des savates
Ses oreilles qui gagnent
Sur le passe-montagne
Sa queue emmitouflée
Dans un manchon doré
Je ne parlerai pas
De la couleur des bas
Qui montent jusqu’au tronc
Enrobé de crêpon.
Lorsque la belle Irène aère son bichon
Et que leurs flâneries agitent les quidams
Ce n’est pas que le chien qui draine l’attention
Ils remarquent surtout l’allure de la dame.
Affublée d’un manteau
De couleur menthe à l’eau
D’une crinière verte
Dont les boucles désertent
De chaussures à talons
D’un beau jaune citron
De collants à résille
Piquetés de brindilles
Sur la tête un bibi
D’un douteux vert de gris
Cachées dans des mitaines
Les mains de Mâme Irène.
Lorsque la belle Irène rallie son logement
Et que loin des regards elle serre son chien
Personne ne la voit pleurer en maugréant
“Tu es mon seul ami et je te le rends bien”.


Tomi

jeudi 26 mars 2009

Les pluies d’automne;

Les pluies d’automne

Sur les pavés mouillés, le long des quais de Seine
Je traîne les regrets d’un été finissant
Nostalgie d’un soleil aux rayons bienfaisants
Distillant chaque jour sa ration quotidienne.

Des ondées, chaque jour, à vous retourner l’âme,
Larmes de désespoir qui roulent sur les toits
Alimentent les flaques aux reflets qui chatoient
Pour la joie des poulbots qu’un nouveau grain enflamme.

Parapluie et imper servent de panoplie
A tout bon habitant de notre capitale
Quand revient, chaque année aux heures automnales
Averses et crachins dont les cieux sont remplis.

Je ne peux que bénir cette fureur des dieux
Car, dans notre hacienda, c’est un enchantement
Lorsque chaque seconde n’est qu’émerveillement
Dans la complicité que je lis dans tes yeux.

Lola



Le vent

Avec le vent qui joue et la pluie qui fredonne,
Avec le vent qui erre au giron des ramures
Et le vent qui s’amuse à des volées friponnes
Apparaissent les jours qui ne sont que murmures.

Lorsque le vent délire en folles sarabandes
Et que sa chevauchée décoiffe à tout venant
Le soleil attristé remet sa houppelande
Pour rester malgré lui un astre rayonnant.

Lorsque le vent enlace en mouvance timide,
Fourbu un court moment d’avoir été gaillard,
Les nymphes, les naïades et les chastes sylphides,
Il reprend son élan et revient pleurnichard.

Parfois le vent s’endort, oublie ses farandoles,
Il ne butine plus, quittant le maraudeur,
Qu’il s’appelle soit Njord, Amon, Vâyu, Eole,
Le vent un jour aussi a besoin de chaleur.


Tomi

mercredi 25 mars 2009

Dans le silence de mon cœur; On en parle, on y pense

Dans le silence de mon cœur,

J’ai versé quelques larmes, devant son médaillon,
Son visage si doux, ses yeux pleins de tendresse,
Au pied de cette stèle, je te fais la promesse
Que si j’ai une fille, elle portera ton nom.

Quand autour de mon cou, tu as posé tes mains
J’ai ressenti le feu qui anime ton cœur
J’ai goûté, en silence, vibrations de bonheur
Un temps de volupté que je garde en écrin.

Le soir, dans les ruelles, où nous avons flâné
Tes paroles si tendres ont su me consoler
De la mélancolie qui m’avait accablée
Dans tes bras, je me suis, radieuse abandonnée.

Le désir a pris corps et dans les draps satins
Ma peau s’est imprégnée de ta peau veloutée,
Nos sens, dessus, dessous, dans leur complicité
S’enflamment au fil des heures pour forcer le destin.

Lola


On en parle, on y pense

En flux de vagues chaudes, en perles de cristal,
S’épuisant sur le bord de ta lèvre carmin
Elles se sont lovées en posture fœtale
Dans la fossette rose de ton menton coquin.

Elles étaient d’émotion, autant que de bonheur
Tes larmes ma Lola, là-bas à Caceres
J’y repense aujourd’hui en humant les odeurs
D’un automne annoncé, aux couleurs de promesses

Tes mots étaient discrets, juste un balbutiement,
Mais mon cœur aux aguets a mangé tes paroles,
A bu tes larmes douces aux senteurs d’océan,
Sachant ce vœu commun et non pas parabole.

Ils comptent tous sur nous, depuis Pau à Paris
De Pepe à Ramon jusqu’aux quais de la Seine
A Villa Theodor, Marika se languit,
Tes frères et mes sœurs attendent à perdre haleine.

Tomi

mardi 24 mars 2009

Pepe et Isabel ; voyage à Caceres

Pepe et Isabel

Mon cœur veut s’épancher ce soir, il veut laisser couler un torrent d’émotions. Nous avons fait ce long voyage et nous avons retrouvé toute la famille pour célébrer la mémoire de ma grand-mère Isabel.

Qu’elle soit rouge ou blanche, la balle qui vous a fauché a bouleversé la vie de grand-père et celle de mon Papa. Privé de sa mère mais aussi d’une sœur qu’il ne connaîtra pas, son destin lui fera endurer la vie d’un exilé, celle d’un réfugié. Mais Pepe apprendra à Ramon la dignité.

D’un précédent voyage à Cacérès, il n’avait vu qu’une pauvre tombe de terre battue. Il décida donc de faire transférer les cendres dans un caveau. Quelques cyprès entourent une dalle de marbre blanc. Il vient de disposer de petits cailloux noirs en forme de cœur : un grand et un petit. Je lui ai pris sa main et me tournant vers lui j’ai vu de grosses larmes rouler sur ce visage buriné.

Nul n’a parlé, nul n’a bougé ! Combien de temps sommes nous restés là ? La prière s’est voulue intérieure et j’ai aperçu sur son visage illuminé un sourire. J’ai frissonné lorsque tu as posé tes mains sur mes épaules. Ma peine était ta peine, ma joie était ta joie.

Lola


Voyage à Caceres

Je te laisserai parler, Lola, de Caceres, de sa Plaza Mayor et de l’église San Mateo. Je reste sous le charme de cette Estramadure que je connaissais si peu et que tu m’as fait découvrir.

Je n’oublierai jamais les rites qui fêtent tous les Saints, qui honorent les défunts, ces instants forts, non pas de tristesse mais de communion, ces allées plantées de soucis, ce pain que les familles déposent sur les tombes, sous un ciel bleu et un soleil sans voile.

Je n’ai connu la Toussaint qu’en Lorraine et à Paris. Tout est si différent dans le pays de tes ancêtres . Pepe s’y est tellement reconnu que l’on aurait dit qu’il ne l’avait pas quitté. Il faut avouer que de retrouver Isabel et cet enfant qui n’avait jamais vu le jour a chargé d’une intense émotion ces instants que je ne m’imaginais pas aussi simples et naturels.

Aucun geste superflu, tout était empreint de dignité et d’amour. Peu de mots, mais des regards, des sourires même, une phrase dans ta bouche, à peine audible, et tes yeux, tendrement posés sur la stèle : “Nous l’appellerons Isabel”

Tomi

lundi 23 mars 2009

La sangsue ; Il fut dandy

La sangsue

Pour vivre avec un autre, elle a quitté le nid
Préférant l’abjection et l’animalité.
Vivre avec un pochard doublé d’un vrai camé
Elle a choisi le camp de sa lente agonie.

Depuis lors, elle s’accroche aux anciens privilèges
Cherchant les avantages qui lui étaient octroyés
Allant crier misère à tous les employés :
C’est au bureau des pleurs qu’elle fait son manège.

Elle a gratté ici de la tune à sa mère
Négligé ses enfants plus par économie
Mis son indépendance au rang de l’infamie
En oubliant le sens du vocable adultère.

Elle préfère vivre au crochet des semblables
La sangsue se soucie de saigner son soutien
La société lui doit , délires au quotidien
A trop saler la soupe, elle devient imbuvable.

Lola




Il fut dandy

Le Champagne lui sied comme la plume au paon,
Tout autant que le noir, ébène de ses rêves,
Le rouge qu’il maudit, aura d’une vie brève
Se dissout dans les bulles en muscadin pimpant.

Il fut dandy un jour, oisif au naturel
Mirliflor élégant, fantôme d’un autre âge
Héritier de Byron, Sheridan ou Brummell
Une robe écarlate a brûlé son visage.

Esthète romantique il n’a pas accepté
Que le monde se perde à bannir autre fois
A présent il est mort -vivant mais enterré,
N’est pas dandy qui veut, n’est que dandy qu’on voit.

Lui reste le Champagne, sans l’aristocratie
De son port élégant, juste encore sac à puces.
Une robe garance a tué ses envies,
Il n’est plus qu’un dandy disciple de Bacchus.

Tomi

dimanche 22 mars 2009

Guernica; 1936

Guernica


Rougie du sang de l’innocent,
L’Espagne pleure ses enfants
Dans un cri des plus déchirants
Guernica !

Destruction de ses ennemis
Par des actes de barbarie
Badajoz vivra des tueries
Guernica !

Les cloches sonnent et démasquent
La légion Condor si fantasque
Sur un marché du pays basque
Guernica !

C’est en pensant à Isabel
Assassinée par des rebelles
Que ton massacre m’interpelle
Guernica !


Lola




1936



Quelques plumes qui dansent,
Un peu d’écume
Un peu de sel,
Quelques relents d’agrumes
Et le regard d’Hortense
Pour son Marcel


Leurs premières vacances
Qui se parfument
D’un peu de miel,
Loin du gris des bitumes,
Un baiser doux d’Hortense,
Qui ensorcelle

Qu’elle est belle la France,
Le couple hume
Nez vers le ciel
Cette époque posthume
Des qui n’ont pas de chance
Dans l’escarcelle.

Congés payés, cocagne,
La Normandie,
Front Populaire,
La liberté chérie,
Mais la guerre en Espagne,
Et un nommé Hitler !


Tomi

samedi 21 mars 2009

cadeau; Quelques nouvelles

Cadeau


La villa Théodor respire la bohème
Un souffle créatif l’anime chaque jour.
Il faut voir Marika ébauchant les contours
D’un ravissant éphèbe présentant un diadème.

Elle arbore un sourire qui fait plaisir à voir,
M’avouant en secret, rechercher son talent
Dans ses amours premières et dans le feu brûlant
Quand l’art de la sépia retrouve sa mémoire


Marika m’émerveille, et Georges tout autant
Dans le fil de la vie cherchant l’inspiration ;
J’ai vu, dans l’atelier, la concrétisation
De leurs espoirs secrets d’être un jour grands-parents.

Lorsqu’elle m’a offert une maternité,
Une toile sépia d’une grande finesse
J’ai revu la statue en bois dans l’atelier,
Copie de Notre-Dame qu’on voit à Caceres.


Lola





Quelques nouvelles

Marika vient de peindre un tout nouveau tableau
Elle te l’a donné en avouant sa joie
De reprendre la toile et manier les pinceaux
Qu’elle avait oubliés pendant près de trois mois.

Georges lui pour sa part, continue à sculpter,
A écouter Django, Gershwin et Reggiani,
A lire son journal et à le commenter,
Se plaignant quelques fois de ses sept décennies.

Anna et Victoria poursuivent leur chemin
L’une plus guillerette et toujours en voyage
L’autre moins sémillante à cause du destin
Qui assombrit son ciel et ruine son jeune âge.

A Villa Theodor, Karpath et Romika
Coulent des jours heureux comme seuls savent faire,
Sans souci de demain, un labrador, un chat,
Milo le poisson rouge lui ne sait que se taire.


Tomi

vendredi 20 mars 2009

vanitas! ; Alice au Pays des Mensonges

vanitas!

Tout n’est que vanité, il s’agit de paraître !
De montrer aux voisins ses biens les plus précieux
Même s’il doit devenir un vil artificieux
Piétinant sans scrupules le plus faible des êtres.

Car c’est à coup de coudes qu’il impose sa place,
Mentant, trichant, fraudant, il sait tromper son monde
Vous suivrez, pas à pas, la mue d’un être immonde,
Jusqu’à voir l’éclosion du plus grand des rapaces.

Il pique les dossiers sur le point d’aboutir
N’ayant pour tout travail qu’à les remodeler
Afin de présenter un article complet
Au patron médusé et ainsi le séduire.

Comment ne pas vomir devant pareil bonhomme ?
Le bureau s’est ligué pour dénoncer ses actes
Fabriquant un rapport aux données inexactes
Et confondre l’infâme devant le consortium.

Lola




Alice au Pays des Mensonges

Que deviendra son âme à n’être que mensonge
Petite fleur du mal qui pense avoir raison
De tromper ses amis sans vraiment qu’ell’ ne songe
Au tort qu’elle se fait dans son chant trahison.

Alice a de la peine avec la loyauté
Son manque de franchise est son plus gros défaut
Et ceux qui ont subi cette réalité
L’ont rayée de leur liste en lui tournant le dos.

Pourtant elle persiste et signe à tout venant
De fausses ritournelles et des propos gascons,
Pour se faire mousser, sachant pertinemment
Que de ses impostures arrive l’abandon.

J’ai croisé la menteuse à plus d’une occasion,
Je la croyais sincère au début de nos joutes
J’ai bien vite rompu toutes nos relations
Je ne sais pas nager dans l’océan des doutes.

Le Pays des Merveilles est sa littérature,
Mais il n’est pas un conte enfantin, il est noir,
Alice est mythomane et c’est dans sa nature
De ne vivre sa vie qu’en traçant des histoires.


Tomi

jeudi 19 mars 2009

orage; la guinguette

Orage

Le ciel se fait de plomb au travers du feuillage.
La voûte tourmentée, où courent les nuages,
S’assombrit tout à coup, annonçant un orage ;
Des éclairs silencieux illuminent là-haut.

Un fracas nous surprend au milieu du sentier,
Bordé de merisiers ou bien de noisetiers,
Lors nous pressons le pas, en écoutant chagrin
Le tonnerre qui roule, puissant, dans le lointain.

La foudre, qui s’abat, près de là, m’épouvante
Me jette dans tes bras, apeurée et tremblante ;
Blottie tout contre toi, ta présence apaisante
Me fera oublier les déluges infernaux.

Serrés l’un contre l’autre, nous avons attendu
L’ondée s’est arrêtée comme elle est apparue ;
C’est au bord de la Marne que tu m’as entraînée
Pour m’y faire passer la plus belle journée.

Lola




La guinguette

Te souviens-tu de ce soleil,
De ce canot aux rames bleues
De ce p’tit vin que sous la treille
Nous avons bu en amoureux.

Le menu, une matelote,
Au son d’un piano à bretelles
Et des effluves d’échalotes,
C’était dimanche bagatelle.

Je t’avais promis la guinguette,
Les nappes rouges à carreaux blancs,
Ne manquait que l’escarpolette
Pour se croire au siècle d’avant.

Je me souviens de ce soleil
Du bord de Marne après l’orage,
De ton bustier rouge vermeil
Reflet d’amour sur ton visage.


Tomi

mercredi 18 mars 2009

Lui; Le baveux

Lui

Il affiche sans cesse un rire chevalin
Cavale tout le temps, sans jamais de repos
Et refuse bien sûr de porter le chapeau
Disant qu’il ne peut être au four et au moulin.

Un rien fait cependant qu’il tourne sa casaque
Il préfère le plat et les lignes bien droites
Aux endroits tortueux que d’autres gens convoitent
Je le reconnais là, cet homme est un maniaque.

De sa voix de fausset que l’on entend de loin
Il critique les uns ou censure les autres
Se prétendant pourtant le meilleur des apôtres
Il requiert à chacun un rôle de sagouin.

Car tout comme Judas, vous donne l’accolade
Et pour trente deniers vous livre sans pitié
Il vous gagne une course ou la perd volontiers
Paname le sait bien, il est comme ça son lad !

Lola




Le baveux

Il se régale et se délecte,
De tous bobards aux viles odeurs,
A croire que son nez détecte
Les ragots, potins, les rumeurs.

Il est à l’affût de la “chose”,
Avide des secrets d’autrui
Jusqu’à en faire des névroses
S’il ne sait pas ce qui se dit.


Il guette tous les commérages,
En musardant telle la fouine
Pour le plaisir du colportage,
De bonheur il en baragouine.

Aussi curieux que l’est la mouche
Autant gluant qu’un vers à vase
Il ne fait pas la fine bouche
Pour esquinter avec extase.

Friand de textes à l’eau de rose
Le voilà sorti du purin
A cancanner une autre prose
Qu’il ira diffuser demain.

Il paraît qu’il faille de tout
Pour que le monde soit le monde,
Mais ce baveux souillant partout
Risque un jour qu’on ne le confonde.


Tomi

mardi 17 mars 2009

ombrageuse; le méfiant

Ombrageuse

On ne peut rien lui dire,
Elle s’emporte toujours
Olga prend tout pour elle
Et vous cherche querelle
Au moindre trait d’humour
Que vous pouvez sortir.

Quand j’ai dit à René
De payer son écot
A la cafétéria
Elle s’est sentie paria
Comprenant de facto
Qu’on voulait la viser.

Si l’on devait parler
De cette promotion
Obtenue par une autre
La voilà qui se vautre
Près de la direction
Pour gagner des bienfaits.


Et tant qu’elle est frustrée
La bile lui remonte,
Sans cesse elle marmonne ;
Cauteleuse démone
La voilà qui affronte
Même ses amitiés.

Lola



Le méfiant

La paupière plissée, il est là à compter,
Mesurer, calculer, regard inquisiteur,
Ignace se méfie, toujours à soupçonner,
Pas de doute, on le trompe, et chacun est menteur.

Ne lui souriez jamais, il sera sur ses gardes,
La confiance est ivraie, il faut l’éliminer,
La franchise, allez donc ! c’est comme la moutarde
Elle lui monte au nez, l’oblige à se moucher.

Allergique au soleil qui pourrait lui ravir,
A l’heure de midi même jusqu’à son ombre,
Il se plaît à penser qu’on pourrait le séduire
Pour l’ensevelir sous d’immondes décombres.

Il va à suspecter son médecin traitant
De lui faire avaler à doses immodérées
Des potions, des cachets , mille médicaments
Qui, à tout petit feu le feraient trépasser.

A n’être qu’aux aguets, il s’est aigri Ignace !
Du méfiant qu’il était le voilà venimeux,
Belliqueux batailleur, rancunier et pugnace
Il se retrouve seul et est bien malheureux.


Tomi

lundi 16 mars 2009

Elle s’en est allée ; Il est parti

Elle s’en est allée.


Elle n’a plus supporté de prendre des raclées
De subir les insultes de l’infâme bourru.
Elle s’en est allée.

Elle est partie sans rien, au hasard, dans les rues
Fuyant l’humiliation, elle a jeté ses clefs.
Elle s’en est allée.

Elle s’est retrouvée seule, personne à qui parler,
Personne à qui confier vingt ans de correction.
Elle s’en est allée.

Elle en a eu assez de tant de soumission,
De tendre son échine au manche du balai.
Elle s’en est allée.

Personne ne l’a vu franchir le parapet
Nul n’a fait attention quand l’eau l’a avalée.
Elle s’en est allée.

Lola



Il est parti.

Il a mis son manteau, son petit béret rond,
Son écharpe et ses gants kaki
Il est parti.

Il a quitté son fief, a baissé pavillon,
Se résignant comme un proscrit,
Il est parti.

Coltinant sur son dos un petit baluchon
Dans ses poches trop de soucis,
Il est parti.

Il a tant bataillé sans obtenir raison,
Plus de travail, plus de crédits,
Il est parti.

On l’a trouvé un jour, tout là-bas sous les ponts,
Mort d’avoir été incompris,
Il est parti.


Tomi

dimanche 15 mars 2009

Partage ; Pourquoi donc ?

Partage

A l’encre sympathique, sur du papier velin
J’ai écrit des serments pour que tu les décodes
J’ai créé des sonnets, des quatrains et des odes
Semblables aux cartonniers, oeuvrant aux Gobelins.

Journée après journée, nous avons partagé
Le moindre des instants où nous vivions ensemble.
Nos écrits sont les pièces patiemment qu’on assemble
Couture de l’absence faite au point de surjet.

Nous partageons surtout une complicité
Percevant sans parler nos richesses communes
Si l’un de nous, un soir, monte à la tribune
C’est du discours de l’autre qu’il sera inspiré.

Palette de nos encres qui font parfois rêver,
Qui brossent les tableaux de nos contemporains,
Glorifient à l’envie notre amour souverain
Espèrent simplement pouvoir vous captiver.

Lola




Pourquoi donc ?

Lorsque nos plumes tissent
Complices,
A chaque crépuscule
Les mots bleus campanule
De ces longues journées
Passées
A labourer la terre
Pour faire
Lever le grain semé,
Nos esprits se confondent,
Et vagabondent......
Pour rendre hommage
A tous ces sages
Que nous croisons,

Et...

Avec des mots sombres
Sans concession,
Nous retraçons
Nombre
De malfaçons.

Pour quoi , pour qui ,
Des mots bleus, des maux gris..?

Pour vous,
Pour eux,
Pour nous,


Tomi

samedi 14 mars 2009

Edgar ; Il a, il a...

Edgar


Si tu n’y prends pas garde, avec son air mielleux,
Il viendra te taper la tige qu’il te reste
Te réclamant en prime, car il n’a pas de feu
Ton superbe zippo qu’il range dans sa veste.

Il fouille dans sa poche, à l’heure du café,
Recherchant la monnaie avec démonstration
Jusqu’à ce que quelqu’un le prenne en pitié
Déboursant un euro pour sa consommation.

Pour remplir un dossier, il quémande un stylo
Puis se sert sur la table, voyant un Cerruti
Lorsque Louise le cherche, il joue les angelots
Puis discret le dépose pour n’être pas surpris.

Voilà donc notre Edgar et ses agissements
Quêteur impénitent aux tics révélateurs
Qu’aucun remords ne touche dans tous ces errements.
Ah ! l’immonde sangsue, le rat, le profiteur !

Lola



Il a, il a...

Il a la bouteille grivoise
Et dégoise,
Le bavard,
Des blagues grasses de gaillard.

Il a la main tant baladeuse
Que la Gueuse
Du comptoir
N’échappe pas à l’abattoir

Il a les jambes qui flageolent
C’est la gnole
Qui le sape,
Nectar bénit de ses agapes.

Il a les yeux de la détresse
Quand ell’ cesse
De couler
Dans sa gorge encor assoiffée.

Il a le coeur en marmelade,
Est malade
D’un amour
Qu’il n’a su garder pour toujours.

Tomi

vendredi 13 mars 2009

A rêver de... ; Que n’ai-je ......

A rêver de


Tous les conquistadors, capitaines héroïques,
Intrépides argonautes, conquérants valeureux,
Tous les grands voyageurs qu’a connu notre monde
N’ont jamais découvert contrée si enivrante.

Pratiquer comme Achille l’art de la rhétorique
Supporter comme Atlas en silence les cieux
Ou vaincre comme Hercule des créatures immondes
Ne m’assureront pas cette vie exaltante.

Dans mon journal secret les mots que je griffonne
Lissant les traits d’amour mieux que le fit Byron
Le flot de mes images inondant mes écrits
Resteront à jamais gravés dans ton esprit.

Je ne demande rien, la Vie m’a tout donné
Des parents que j’adore et un homme à aimer
Il me prend quelquefois à rêver d’un enfant
Pour parfaire au bonheur et vivre pleinement.

Lola


Que n’ai-je ......

Que n’ai-je eu la vie d’un Colomb
D’un Cartier ou d’un Magellan
Pour sillonner les océans
Et découvrir d’autres régions.

Que n’ai-je eu le corps d’Apollon
Pour parcourir la Voie Sacrée
Séduire la nymphe Daphné
Massacrer le serpent Python.

Que n’ai-je eu l’âme d’un Hugo
D’un Chénier, d’un Queneau, d’un Char
Pour vaincre un vocable bâtard
Et savoir aligner des mots.

Que n’ai-je eu l’esprit d’un Calmette
D’un Pasteur ou bien d’un Guérin
Pour endiguer par un vaccin
Ces maux qui n’ont pas eu conquête.

Que n’ai-je eu l’art de composer
Des musiques de toutes sortes,
Seul mon saxo ouvre la porte
Au grand plaisir d’improviser.

Je n’ai pourtant pas d’amertume
Je suis comblé par le destin,
Lola tu fais partie du mien,
Et c’est pour toi que joue ma plume.

Tomi

jeudi 12 mars 2009

Photos; Le grand livre

Photos

Photos sépias, photos jaunies
Photos du temps de nos grands-mères
Quand on célébrait les rosières
Régnait alors une harmonie.

Photos d’une drôle de guerre
Ruines, tranchées et barbelés
L’Homme détruit de ses boulets
Cet équilibre si précaire.

Les années vingt, le charleston
Bruant, Dietrich et Chevalier
Quand la photo haussant le ton
Prend des couleurs sur le papier.

Nous avons tout l’après-midi,
Tourné les pages des albums
Pages de vie que l’on écorne
Souvenirs qu’elles irradient.

Lola


Le grand livre

Nous sommes tous nés quelque part,
Et le grand livre s’est ouvert
Sur une page vierge et blanche
Qui prend l’allure d’un miroir.

On y inscrit en lettres d’or
Prose d’amour et quelques vers
Puis des soucis qu’on endimanche
Pour vivre au mieux jusqu’à la mort.

Si l’encre verte se fait noire
On tentera à mots couverts
De faire bourgeonner la branche,
Afin que renaisse l’espoir.

Il est des pages qu’on oublie,
D’autres froides comme l’hiver,
Certaines parlent de dimanches
Mais toutes sont fruits d’une vie.


Tomi

mercredi 11 mars 2009

Gilbert; Le donneur de leçons

Gilbert


Conseilleur agréé, il pose un œil expert
Sur les agissements de la gent féminine,
Escomptant, en retour, qu’elles soient plus « câlines »
Pour services rendus, voilà ce qu’il espère.

A longueur de journée, il chaperonne Léone.
La pauvre ne sait pas, sur le photocopieur
Charger des copies vierges, dans le bac supérieur,
Et changer le toner fait bouillir ses neurones.

Il poursuit de conseils et catéchise Lise
Sur comment agrafer ou placer un trombone,
La position idoine de son papier carbone,
Ainsi que la couleur choisie pour les chemises.

Mais, c’est avec grand soin qu’il dirige Edwige
Lui montrant le secret d’un crayon bien taillé,
L’usage du sous-main va lui être enseigné
Pour qu’avec ses collègues il n’y ait aucun litige.

Mentor irremplaçable, éducateur divin
Instructeur opportun, commandeur précieux
Gilbert se croit utile tant il est fallacieux
Cultivant l’inutile, le superflu en vain.

Les filles en ont assez de ce grand escogriffe
Qui vient les déranger pour des raisons futiles.
De son comportement pour le moins infantile
Il se voit bien calife à la place du calife.

Lola


Le donneur de leçons

Il va falloir que je le dise,
Monsieur Eusèbe m’insupporte
Pétant plus haut que son derrière
Alors qu’il aurait mieux à faire
De balayer devant sa porte,
Il vient avec sa jobardise,
Ses prêchi-prêcha pontifiants,
De mettre Pierre mal à l’aise.

Sur un air à la Sganarelle
Il est bardé de certitudes,
Et manie avec prétention,
Ses arias donneur de leçons,
Conscient que sa vile attitude
Tout aussi bête que cruelle
A blessé un homme charmant.....
Je lui en veux à mort, balèze !

Il commence comme un balourd
Ses phrases acerbes et assassines,
Par :”Sachez Messieurs et Mesdames...”
Et des mots pour des bleus à l’âme,
Il nous éreinte, nous bassine,
S’écoutant parler, lui le sourd.

Je préfère être un tartempion
Et j’attends patiemment mon heure
Pour asséner à ce scorpion
Enfin une leçon d’honneur.

Tomi

mardi 10 mars 2009

demi-mondaine ; L'opportuniste

demi-mondaine

Un jour, la jeune Bo quitta son Montana
Pour poser ses valises dans la Belle Province.
Irma le lui a dit : « Tu marieras un Prince,
Je l’ai lu dans le marc, tu as la baraka. »

Elle a bien rencontré un homme, voilà un mois
Dont seul le patronyme a respecté l’oracle
Et quant à la noblesse se serait un miracle
S ’il nous montre un quartier ; on restera pantois.

Elle a trouvé un job à la BIM, Bo sourit
Une nouvelle vie s’ouvre à elle à présent
Tout un carnet mondain se presse, séduisant,
Offrant à leur princesse des corbeilles fleuries.

La voilà devenue, soudain, demi-mondaine
Séduisant sans vergogne ces princes d’industries
Ses charmes leur faisant oublier leur patrie
Leur femme et leurs enfants et puis leur soixantaine.

Lola


L'opportuniste


De son nom Roberval,
De prénom Evariste,
Il nacquit à Saint-Val
D’un père unijambiste
Et d’une mère anglaise
Qui un jour a filé
Laissant le papa Blaise
Face à l’adversité.

Natif de la Balance,
Le garçon a souffert
Dès sa plus tendre enfance
De quolibets d’enfer,
Mais le jeune Evariste
Blindé par le malheur,
Devint opportuniste
Et attendit son heure.

On sait qu’il tourna mal
Quand il devint adulte
De prisons en cavales,
Il en fit un vrai culte.
On le perdit de vue
Dans les années cinquante
On le dit revenu
Caché sous des bacchantes.

Il s’était acheté
Avec l’argent des casses
Une autre identité
Et a refait surface
Là où jamais personne
N’allait l’imaginer
Même si l’on soupçonne
Qui est le député.........


Tomi

lundi 9 mars 2009

Serment; Courage Ninon!

Serment

Penché sur le berceau où vagit son bébé
Un solide gaillard, les yeux remplis de larmes,
Secoué de sanglots, vient de rendre les armes
La douleur qui l’assaille n’a pas pu retomber.

Il doit se résigner à la triste nouvelle
Le tendre chérubin pour paraître sur terre
Réclame à sa mère une offrande sévère
Se privant à jamais de l’amour maternel.

Et lui le pauvre bougre, sa fille dans les bras,
Regarde cette enfant qui brise son destin
Perles de désespoir livrées à leur instinct
Qui roulent sur sa joue malmenant son karma.

Je t’élèverai seul puisqu’elle nous a quitté
Et t’aimerai pour deux, j’en fais ici serment
J’évoquerai souvent le nom de ta Maman
Car chair de son amour, tu l’aurais mérité.

Lola


Courage Ninon !

Dans quelle voie lactée s’engagera ta vie,
N’élude rien de ton paraître,
L’attente est révolue, émerge de ton être,
La base est édifiée, construis !

Tu crucifies tes joies au détour de tes peines
Ne te morfonds pas dans l’angoisse,
Va rejoindre le jour, rallie-toi à l’espace,
Assume et sois plus souveraine.

Que meurent tes soucis, que vienne le pardon,
Ton hidalgo s’en est allé ;
Tant pis, poursuis ta route, elle sera poudrée,
Dégage-toi du joug, Ninon.

Le bonheur a voulu qu’il te laisse un enfant,
Ce petit scrute ton regard,
Quitte ton air meurtri et ton climat hagard
Fais-en un homme, vaillamment.


Tomi

dimanche 8 mars 2009

L’ignoble Goldérich; Charly encore toi !

L’ignoble Goldérich

Au boulot, nous formons une jolie famille ;
Chacun doit ajouter sa pierre à l’édifice
Jouant l’émulation, tant les idées fourmillent,
Du simple rédacteur à la sous-directrice.

Fraîchement débarqué je crois de Catalogne
Goldérich nous montra d’abord son bon côté
Souriant et affable, vaillant à la besogne
Mais nous devions hélas très vite déchanter.

Lorsqu’il est sous l’emprise de vins ou spiritueux
Il insulte à tout va les clients qu’on reçoit.
Ne cherchez pas à suivre son esprit tortueux
Par des propos obscurs, souvent il vous déçoit.

Il oublie ses amis, les traîne dans la boue
Dévoile les secrets qu’on lui avait confiés
A faire tant d’offenses c’est rien moins qu’un voyou
A qui la quarantaine vient d’être signifiée.

Il faut dire qu’il pousse le bouchon un peu loin.
Quand nous avons aidé une mère en détresse
Qu’un mari trop volage laisse dans le besoin
Il s’est autorisé quelques indélicatesses.

Ma colère, aujourd’hui, a franchi la frontière
De ce que ma raison avait autorisé.
Ce type est un goujat d’une engeance ordurière
Il montre qu’il n’est pas du tout civilisé.

Lola


Charly encore toi !

Faut-il rester stoïque en attendant qu’il dise
“Pardon, excuse-moi, je suis un abruti,
Je ne referai pas demain la mêm’ bêtise,
Je suis une panouille au cerveau ramolli”.

J’ai toujours pardonné, passé cent mille éponges
Sur ses frasques débiles de grand gamin soiffard,
J’ai couvert très souvent centaines de mensonges,
Tant va la cruche à l’eau qu’un jour elle se barre.

Je ne dis pas “cassée” car même si Charly
Me fait encor’ tartir à n’importe quelle heure,
Il est et restera mon copain, mon ami,
Celui de mon enfance, mêm’ si provocateur.

Il a fallu pourtant que je mette mon pied
A un endroit charnu de son anatomie,
J’ai choisi cet endroit pour ne pas l’estropier,
C’était le seul moyen de faire un compromis.

Alcoolo permanent, mon pote a accepté,
Comme déjà trois fois une cure en clinique,
Je l’espère assez fort pour enfin résister
A ce nectar maudit qui le rend maléfique.

Charly écoute-moi plutôt que la bouteille,
Tu as tout ce qu’il faut pour charmer et pour plaire,
Arrête d’adorer la production des treilles,
Charly je t’aime bien, ne me fais donc plus braire.

Tomi

samedi 7 mars 2009

Constamment, sans relâche….. Encore et toujours

Constamment, sans relâche…..


Le travail terminé, j’aime à te retrouver
Le nez sur les copies que tu as ramenées
L’ambiance est feutrée et le phono distille
De vieux disques de jazz dégottés à Bastille.

Quand tu poses sur moi tes yeux plein de tendresse
J’oublie en un instant les tensions qui m’oppressent
Me voilà transportée en des cieux plus cléments
Qui amènent mon âme jusqu’à l’apaisement.

Je m’occupe de toi, te préparant un thé :
Les larmes du dragon que je te fais goûter
Me ramènent à moi, jusqu’au soir sans partage ;
Mon souper aux chandelles aura tous tes suffrages.

Blottis corps contre corps quand le sommeil arrive
Après de longs ébats que la passion avive
On laisse nos deux corps enfin se reposer
Appelant de nos vœux la divine Astarté.

Lola

Encore et toujours

Tandis que dans tes yeux un nouveau jour s’irise
Que piaffe le moineau et vole l’hirondelle
Que Phébus continue à faire des bêtises,
J’attends le crépuscule et ses promesses miel.

Alors que nos chemins bifurquent un court instant
Pour que le quotidien soit approvisionné,
J’imagine avec joie tous ces heureux moments
Que nous retrouverons en début de soirée.

Ainsi à te revoir au coeur de l’Hacienda,
J’écoute progresser les pas de ton pouvoir
Dans mon âme et ma chair, tu es ma Lolita,
Ma houle de passion, la baie de mes espoirs.

Lorsque tu t’assoupis dans un soupir bonheur,
Je reste à te veiller pour ne pas croire au songe,
Quand Morphée me surprend je rêve de chaleur,
Et lui demande en douce que la nuit se prolonge.

Tomi

vendredi 6 mars 2009

Tendre tentateur ; Oh temps, attends !

Tendre tentateur

Les secondes s’égrènent
Interminablement
Tant et tant qu’elles m’enchaînent
Voluptueusement.

Je rythme les instants
Quand je vis tes caresses,
Faisant de mes printemps
Un espace tendresse.

Arrêter nos horloges
Le temps de vivre à deux
Permettre qu’on abroge
Les moments cafardeux.

Qu’en toutes circonstances
Nous soyons transportés
Le plaisir de nos sens
Nous fait virevolter.

Je te garde ce soir
Mon temps le plus précieux
Pour que naisse l’espoir
D’un destin plus précieux.

Lola


Oh temps, attends !


Que ferais-je sans toi,
De ces bouquets d’instant,
Si je ne t’avais pas,
Que ferais-je du temps ?

Ce temps qui s’évapore,
Quand tu es dans mes bras
Ce temps qui me dévore,
Quand tu es loin de moi.....


Coursier de nos désirs
Ô temps suspends ton vol
Héraut de nos plaisirs,
Badine, batifole

Portefaix de bamboches
Ah temps retiens la nuit !
Qu’elle ne s’effiloche
Qu’au besoin de répit.

Messager de surprises
Pour un dessert de classe,
C’est un flan aux cerises,
Temps lucullus vorace.

Surtout pas de temps morts
Ni de temps nébuleux,
Mais tant d’amour d’abord,
Tant de temps à nous deux.....

Tomi

jeudi 5 mars 2009

Petit canard ; Le poussah poussa le pou

Petit canard

Petit canard mignard
Promène son ennui
Sur le lac.
Cancanant à l’envie,
Entre les canoës,
Ses cancans déplaisant
Portent sur ses voisins.
Ah ! pauvre gent ailée
Bouche-toi les oreilles !
Ce que tu vas entendre
N’est pas fait pour te plaire.
Et à cette occasion
De petit qu’il était
Il pourrait devenir
Ce soir un grand canard.

Le bec grand ouvert
Il débine sans cesse
Ses amis, ses parents, ses voisins
« Vise moi donc un peu cette grande bécasse !
De qui se moque donc la mésange à moustache
Avec ses cannes de serin ?
Et toi la triple buse,
Arrête donc de me surveiller !
L’oie peut bien faire sa mijaurée
Elle qui s’encanaille avec les grues.
Et cet autre butor que l’on entend de loin.
Mais à force de jaser comme il le fait
Petit canard s’en retourna tout seul
A ses marais.

Lola


Le poussah poussa le pou

Un pou ripou pourrit la vie
D’une poupée
En lui chantant un pot-pourri
Poussif.
Un énorme poussah
Passa par là
Et rouspéta
“Poussez-vous un peu, pou !
Un peu ou prou,
Mais poussez-vous,
Je veux piquer mon roupillon,
Allez donc roucouler
Dans la poubelle
Et laissez-moi le pouf.”
Le pou prit peur et se poussa
Pour éviter le gros poussah.
Et la poupée pouffa,
Le pou pouilleux s’en offusqua
“Pourquoi vous moquez-vous
Poupée poudrée,
Soyez polie,
Je vous parie une roupie
Que ce gros lard est Polonais,
Qu’il est poltron et paltoquet,
Et que si je me suis poussé
C’est pour ne pas l’écrabouiller.”

Tomi


mercredi 4 mars 2009

Chameau !

Un vieux chameau du Rajasthan
Nous raconta à la veillée
Ses aventures grappillées
Sur les chemins, au fil des ans.

« Et vas-y que je déblatère ! »
Disaient les enfants amusés
« Change de disque, on est blasé !
On te le dit ! tu nous fait braire ! »

« Silence disaient les anciens !
Laissez le conteur s’exprimer.
Il ne faut pas sous estimer
Un esprit aussi cartésien

Sachez qu’il a roulé sa bosse
Appris le tango argentin
Malgré ses airs de cabotin
N’allez pas lui chercher des crosses ! »

« Soiffard de Sidi-bel-Abbes
Tu traînes un mauvais caractère,
Disaient les jeunes velléitaires,
De Mongolie jusqu’aux Aurès ! »

Notre chameau était un sage
On le vit suçoter des dattes
Crachant ses noyaux dans la jatte
Posé sur un échafaudage.

Puis de sa voix de baryton
Rompant un silence pesant
Il répondit aux malfaisants
« messieurs vous n’êtes que des thons ! »

Lola

Il y a ceux qui disent,
Il y a ceux qui font.

Un ferronnier aisé
Se gelant dans le célibat,
Rencontra lors d’une soirée
Une dame.
Ah ! l’infâme !
“Méfiez-vous,” lui dit-il,
D’emblée,
“Des baisers de Judas,
Ces mondanités en regorgent,
Ne croyez rien qu’à moi,
Je vous offre ma forge,
Mon haras, ma villa,
De grâce, épousez-moi”

La dame époustouflée par tant d’impertinence
Regarda l’audacieux
Dans les yeux.
“Mais Monsieur,
Feriez-vous abstinence
Depuis bien trop longtemps
Pour vous ruer ainsi sur moi ?
Ayez de la décence !”

L’abruti, impavide
Tourna illico ses talons
Pour faire sa proposition,
Avec les mêmes mots fétides
A une demoiselle
Qu’il souhaitait être pucelle.

Tomi

mardi 3 mars 2009

Eclaircissement; Explication

Eclaircissement

Echeveau emmêlé
De mots tôt regrettés
Que ma seule colère
Sur un coup de calcaire
A voulu te lâcher !
Issu d’un désaccord
Que d’aucun jugera
Banal.

Genèse d’une dispute
Ordinaire, en somme,
Qui, un temps, a mis mes sens
Sans dessus dessous
Pour quelques fringues
Oubliant un instant
L’essentiel d’une vie.

Pourquoi a-t-il fallu
Qu’un matou envieux
S’en prenne à mes habits
Lacérant l’organdi
Massacrant le linon
Griffant le taffetas ?
Ne pouvait-il s’en prendre
Pour passer sa fureur
A mes toiles de jean ?

Phébus, sacré canaille !
Tu es cause de tout.
J’ai retrouvé un temps
Mes bouderies d’enfant
Je comprends grâce à toi
Ce que j’ai d’important
Et que quelques habits
Ne m’enlèveront pas.

Lola




Explication

Ton cheval, mes chevaux,
Ton Panam’, ma moto
Et un week-end divin
Pour éponger les maux
D’une première bouderie,
D’un conflit
Anodin.

Qui fut donc cette pomme
De discorde ?
Que fut cette querelle,
Cette horde
De mots chicane à fleur de peau,
De mots chamaille,
De mots mélo
Presque bye-bye......

Malentendu autour d’un chat,
Rien que cela !
Jalousie d’un félin
Qui ne supporte pas
Nos doux câlins,
Qui fait ses griffes
Sur tes affaires,
Qui se rebiffe
Et t’exaspère !

Tu es pour lui l’intruse.....
Il faudra bien que tu comprennes,
Sacré Phébus,
Que maintenant dans l’Hacienda,
La reine c’est Lola
Et qu’il faut appeler un chat
Un chat !!!


Tomi




lundi 2 mars 2009

Regrets ; Il vaut mieux

Aujourd'hui plus particulièrement je pense à toi ma Mimu...


Découvrez Radiohead!

Regrets

Lorsque le pain durcit tout au fond de la huche
Comme les sentiments d’un cœur indifférent
Qui au moindre faux-pas, dans le néant trébuche
On se souvient alors qu’on mangeait son pain blanc.

Quand un cru mal bouché tourne à devenir aigre
Que l’on vous force à boire le vin jusqu’à la lie
Que les discours tenus omettent d’être intègres
On déplore les jours teint de mélancolie.

Alors que les tourments endeuillent les souvenirs
Stigmates d’égoïsme, froideur inattendue
Les feuilles de l’automne recouvrent l’avenir
Où planent les disputes et les malentendus.

Il subsiste pourtant des souvenirs heureux
Lambeaux de la mémoire, comme des oripeaux
Accrochés à des cœurs dont le fond généreux
Résiste avec vigueur à l’esprit d’à propos.


Lola


Il vaut mieux

Quand s’effeuille le jour comme une rose blette,
Et que le quotidien se morfond gravement,
Que l’amour dévêtu ressemble à un squelette
Il vaut mieux dire adieu aux parfums somnolents.

Lorsque la nuit se fige à pétrifier les rêves
Puisque l’indifférence a tué l’aventure
Que la tendresse même a perdu de sa sève
Il vaut mieux endosser un pourpoint de rupture.

Alors que rien ne reste à des corps indolents
Juste un peu de mémoire affublée d’amertume
Oubliant les promesses qui rejoignent l’antan
Il vaut mieux retourner sur un autre bitume.

Reste encor’ le soleil pour croquer le passif
L’astre du jour scintille accroché à l’azur
Plantant ses banderilles au gré d’un vent furtif,
Il brillera toujours dans une autre embrasure.


Tomi

dimanche 1 mars 2009

Quelle Vérité?; Tristes sires

Quelle Vérité?


Dans les couloirs, Tour Montparnasse
J’ai croisé la belle Eve Hidense
Qui se trouve dans la mélasse
Pour une histoire d’autodéfense.

Elle en a perdu le sourire
Quand Art Yfis a démandé
A Côme Eddy de réécrire
Un texte d’Eve sur la Corée.

Piratage informatique
Pour effacer tout’ les données
Rendre son ordi amnésique
Nul ne saura la vérité.

Elle a perdu son boulot Eve
Pour n’avoir su se contrôler
Au moment où Eddy achève
De lire le rapport volé.


Lola


Tristes sires

J’ai rencontré Candy Raton
Accompagnée de Medhi Zans,
Les bras chargés de vieux cartons
Remplis de tristes confidences.

Comme Hantaire n’était pas loin,
Il est venu prêter main forte
Mais manchot, le petit Malouin
N’a pu être que nain d’escorte.

C’était pour un vide-grenier
Que les copains se préparaient
Ils allaient pouvoir calomnier,
Faire tomber les couperets.

Mais avant d’arriver sur place
Ils se sont faits interceptés
Par la brigade anti-rapace
Commandée par Franc et Carré...

Tomi

samedi 28 février 2009

Inventaire 78

Un satellite soviétique
Se désintègre au Canada
Des progrès de l’informatique
La micropuce apparaîtra
Le boxeur Mohammed Ali
Perd sa ceinture sans un bruit
Un grand journal de Chicago
Va arrêter ses ronéos.
Claude François est décédé
Ses fans en sont tout retournés
Aldo Moro assassiné
Les brigades l’ont condamné
Un pétrolier va s’échouer
La Bretagne sera souillée
Des oscars pour Woody Hallen
Et Annie Hall qui nous surprennent
Mesrine qui se fait la malle
Aldo Moro criblé de balles.
On vole le corps de Charlot
Le maillot jaune pour Hinaut
Naissance d’un bébé éprouvette
Deux fois le Vatican s’entête
A Camp David on fait la paix
Alors que meurt Charles Boyer.
Jacques Brel nous quitte aux Maldives
Au Guyana la mort dérive
Cette année là avec Amour
C’est ta Lola qui voit le jour.

Lola




Années cinquante

La chambre où rode son angoisse
Est balayée de sillons noirs.
Désarroi en quête d’espace,
A l’affût de notes d’espoir.

Tanger, un palais en terrasse,
Un bateau à l’escale, un soir...
Maisons blanches, blancs minarets
Et depuis, un exil muet.
Le Grand Socco et le Petit...
Elle voulait les voir,
Curieuse des couleurs, des bruits,
Dans son tailleur ivoire.
Les jardins de la Mendoubia,
Marbre blanc, plac’ de la Kasbab
Et les rues de la Médina.

Années cinquante, elle a tenté
Son aventure,
A la lecture
De Jo Kessel.....
Enlèvement pour un harem
Est-ce fiction ou bien réel ?
Années cinquante, c’était le thème......

Tomi

vendredi 27 février 2009

Calomnie ; Vérité

Calomnie

Comme l’eau de la source
Elle sourd,
Sortie des profondeurs
Lorsqu’elle prend sa course
Un jour
Ce n’est qu’une rumeur.
Gentille et innocente
Elle progresse dolente ,
Montrant le doux visage
D’un simple babillage,
Inoffensif discours,
Plaisir du calembour.
Mais, elle s’insinue,
Chargé d’un contenu,
D’une abomination.
Car cette délation
Publique et arbitraire
Amène à se taire
Celui qui est touché
Par ces méchants clichés.
Elle détruit
Sans aucun bruit
Clandestine
Assassine
Destructrice
Accusatrice
Lorsqu’elle éclate au grand jour
Elle démolit sans détour.
Puis elle disparaît
Ainsi qu’elle était née.


Lola


Vérité

Consentante et cachée,
Elle dort,
Dans un puits de néant.
Limpide ou inventée,
Elle sort,
D’une bouche d’enfant.
Païenne ou historique,
Pour les uns spécifique,
Elle est en marche
Ou vient de l’Arche ;
Elixir dans les veines,
Elle meurt dans l’arène
Pour un aveu forcé,
Pour un taureau traqué.
On la regarde en face,
Lorsque la vie s’efface.
Elle est pure maîtresse,
Elle est dure traîtresse.
Elle est en toc
Elle est en bloc,
Inquiétante,
Décevante,
Insidieuse,
Ennuyeuse.
Elle est celle que l’on camoufle,
Celle qui boîte et qui s’essouffle.
Eclatante ou fragile,
Pour les uns évangile,
Pour les autres paresse,
Elle est celle qui blesse.
Chacun défend la sienne,
Elle est politicienne.
Endimanchée ou nue
Elle peut être celle qui tue..........


Tomi

jeudi 26 février 2009

Jeff! ; Après le tango, la valse

Jeff


Fais encore un effort, Jeff, assume tes erreurs !
Tu rejettes sans cesse la faute sur ton prochain.
A quoi peut te servir de faire un baise main
Quand tout le monde sait que tu es mauvais coucheur.

Lorsque tu as rangé dans ta bibliothèque
Ce livre magnifique sur les bonnes manières
On s’est dit : c’est gagné, ses façons cavalières
Une fois disparues le rendront moins métèque.

Eh bien toi, tu fais fort ! tu te tiens mal à table
Mangeant avec tes doigts, t’essuyant sur la nappe
Eructant bruyamment pareil à une gouape
Tu franchis, les limites, ce soir, du tolérable.

Mais je ne comprends pas la raison pour laquelle
Tu t’en prends violemment à notre douce hôtesse
Faut-il que ta conduite nous montre ta bassesse,
Le peu d’ éducation que tes actes décèlent ?

Si Henri de Bourgogne tira quelques profits
Des conseils prodigués par Erasme son maître
Tu sais que la lecture avec toi ne suffit
Il te faut pratiquer et ne rien compromettre.

Lola



Après le tango, la valse

T’es pas guéri de tes soucis
Ta panse encore périclite
Voilà que depuis mercredi
Tu nous annonces une gastrite.
J’avais pensé que le tango
Allait enfin cicatriser
Le logo que l’impétigo
Avait greffé sur ton acné.

Avec cela ta couperose
Accentue ton regard bigleux
Heureusement pour ta cirrhose
Qui d’un seul coup se porte mieux.
C’est pas pareil pour ta mouillette
Qui encore toujours se lamente
De ne pouvoir faire trempette
Malgré des offres alléchantes.

Tes chevilles ont enflé depuis
Que tes orteils ont dégonflé
Ça n’a pas arrangé le bruit
De tes intestins surchargés.

Tu nous gaves avec tes bobos,
Ton hypocondrie exaspère !
Une cure de placebo
A base spermatozoaire
Pourrait être la panacée.
Il est grand temps de fair’ valser
Ton amour pour le caducée
Vers une passion plus sensée !!!


Tomi

mercredi 25 février 2009

Vilain Martin

Vilain Martin

De son prénom Martin, de patronyme Galle,
Fils d’une couturière et d’un croupier bossu,
Aventurier coquet de l’extraconjugal
Il menait une vie qu’on disait dissolue.

De ses oeuvres de chair sont nés plusieurs enfants,
Des garçons et des filles, des blonds, des bruns, des roux,
On en dénombra vingt lors d’un recensement
Que fit faire l’épouse affublée d’un ripou.

Bien d’autres vices encore avariaient l’atmosphère
Du ménage bancal au bord de la rupture
Joueur invétéré, digne fils de son père,
Martin Galle flambait avec désinvolture.

C’est un lundi de mars que dès potron-minet,
Elle fit le projet de quitter son mari...
Pour un coup de fouet Madame Marthe Hinet
A repris pour de bon son nom de jeune fille.

Tomi

mardi 24 février 2009

contes et légendes ; Respect et dignité

contes et légendes

Le beau, le merveilleux n’a plus droit de cité
Tout ce qui fait rêver le cœur pur d’une enfant
Tous les princes charmants, toutes les bonnes fées
Tous ces héros glorieux qu’on voyait triomphant.

Ulysse revenant vers sa lointaine Ithaque
Simbad, Marco Polo, Magellan ou Cartier
Mondes surnaturels, îles paradisiaques
T’entraîneront, petite, en terres inexplorées

Du pays de cocagne jusqu’à l’Eldorado
Voyage dans tes livres, laisse aller ton esprit
Côtoie Esméralda, Frollo, Quasimodo
Fabrique toi du rêve sans aucun parti pris.

Tu croiseras des diables, des démons, des sirènes,
Centaures et sorcières, dragons et paladins
Du peuple des lutins tu seras souveraine
Cultivant la glycine au fond de ton jardin.

Lola


Respect et dignité

Le monde est un cortège où chaque individu
Brandit la banderolle attestant son vécu
Pour l’un elle est de soie, pour l’autre de chiffon
Mais tous demandent à tous, le respect, la raison.

Dans un torrent d’écume, debout sur le rivage,
En forêt tropicale ou les contrées sauvages
L’homme a besoin surtout d’honorabilité,
La décence voudrait qu’il soit considéré.

Et pourtant ceux qui prônent égards et dignité
Ne sont pas les premiers à bien s’y conformer,
Chacun entend midi bourdonner à sa porte,
Mais nombreux sont ceux qui se conduisent en cloportes.

Le Net est un navire houleusement pervers,
Où le tendre se meurt, où le tordu s’affaire,
Par manipulations, magouilles ou manigances
A noyer les poissons qui nagent sans cadence.


Tomi

lundi 23 février 2009

quand; Vivons à pleine vie

Quand

Quand nos regards subsistent au-delà du désir
Quand nos soupirs engendrent un excès de folie
Et que dans nos délires nous prenons du plaisir
Nous devenons enfin deux amants accomplis.

Quand nos cris se rajoutent à nos râles ardents
Quand nos nuits s’effilochent en des matins fiévreux
Et que dans nos désordres aux accords concordants
Nous gagnons notre éden en galants sulfureux.

Quand nos mains impétueuses finissent le prélude
Quand nos corps allumés attaquent l’adagio
Et que dans un soupir, en guise d’interlude
Nous achevons comblés notre air avec brio.

Quand nos désirs s’enchaînent soirée après soirée
Quand nos lèvres s’abreuvent de nos passions gaillardes
Et que dans notre ivresse où l’on s’est égaré
On engrange bientôt des bonheurs qu’on chaparde.

Lola


Vivons à pleine vie

Tous ces orgueils surfaits que submerge le temps
Tous ces passés secrets dormant dans les arcanes
Sont autant de stigmates ameutant l’inconscient
Quand la faucheuse sort, se pavane et ricane.

A quoi bon les regrets lorsque la Parque danse,
Et qu’elle nous invite au repos éternel,
Lorsque l’orage gronde avec outrecuidance
Rien ne sert de courir pour parer au tunnel.

Aucune nostalgie, ni même les remords
N’enrayeront l’instant de ce très long voyage,
A l’extinction des feux s’endormiront les corps,
Quels que soient leur renom, leur fortune ou leur âge.

Vivons à pleine vie, mangeons à pleines dents,
Aimons, chantons, dansons, existons sans répit,
Pour n’avoir rien perdu quand viendra le moment
De dire “Adieu le monde....Bonjour le paradis” !!!!!


Tomi

dimanche 22 février 2009

Suzon; inventaire

Suzon


Installée sur la place, tout au long de l’année,
Elle vend des légumes et des fleurs à foison;
Sa carriole de bois, roulant sur les pavés,
Attire les badauds, quelque soit la saison.


Tous les gens du quartier apprécient la Suzon
Qui vient leur apporter du bonheur par brassées,
Petites fleurs fragiles, placées dans leurs maisons
Qu’elle offre à tout venant, sans jamais les forcer.


Pourtant, un beau matin, un quidam agacé
Par tant de gentillesses, tant d’amabilité,
Crut bien faire en allant se plaindre à des condés,
Trouvant louche et suspecte sa noble activité.


La police zélé , conduisit la fautive
Menottée jusqu’au poste pour être interrogée
Au sujet d’un trafic d’émotions primitives,
Interdites de legs, qu’elle avait engagées.

Lola


Inventaire

Il avait un ticket avec la guichetière
Porte de La Chapelle,
Et un chagrin d’humour avec la cantinière
Du lycée Beaugrenelle.
Un bulletin de paye, une carte bancaire,
Un titre de transport,
Quelques bons du Trésor,
Un coupon découpé dans un journal du soir,
Pour une réduction dans un hammam d’Issoire.
Plus un abonnement au cinéma Cristal,
Verte comme une pomme, une carte Vitale,
Quelques billets de banque
Dans un porte-monnaie,
Des boules de pétanque
Avec leur cochonnet,
Un crayon avec gomme,
Et bien sûr des condoms......

Ceci est l’inventaire
Du sac de Monsieur Pierre,
Qui dans son baise-en-ville
N’a pas jugé utile,
Malgré son faible poids
D’ajouter la notice ou le mode d’emploi,
De comment composter un ticket de première........


Tomi

samedi 21 février 2009

Jonas; Coïncidence ou imagination ?

Jonas

Jonas vient d’endurer des moments détestables
De ces jours de douleurs à devenir marteau
Il ne se souvient plus les raisons véritables
De son internement en maison de repos.

Fallait-il qu’il en sorte ? Fallait-il le garder ?
Il s’en prend à chacun, vit sa misanthropie
En attaques verbales, en propos déplacés
Et ne lâche son os que s’il est en charpie.

Il s’est, dans des écrits, longuement dévoilé
Tirant à ses amis des larmes attendries
Il tient au même instant des propos vérolés
S’emportant pour un rien, sa nature aigrie.

Et lorsqu’il touche au cœur son sourire rapplique
Il ne regarde pas le poison qu’il essaime
Laissant derrière lui un décor chaotique,
Détruisant nos valeurs, il pourrit le système.

Lola


Coïncidence ou imagination ?

J’ai vu se déplacer un rideau en percale,
S’entr’ouvrir la fenêtre au quatrième étage,
Et dans son embrasure, là, à la verticale
Un homme qui criait “Je suis vert-gris de rage,
On a tiré sur moi, on a pulvérisé
Le lustre du salon et mes roses en plastique,
La statue de Staline, et l’on m’a fait louper
L’essai que je faisais pour détruire une tique”

J’étais très étonné de voir l’énergumène
S’ébattre et battre l’air alors qu’à mon avis
Il aurait dû d’abord citer le phénomène
A la maréchaussée... mais bien mal m’en a pris.
Après être monté jusque devant sa porte
Pour m’assurer surtout qu’il n’était pas blessé,
Je me suis retrouvé devant une cohorte
De voisins excédés qui voulaient l’apaiser.

“Personne n’a tiré” me dit un riverain
“Monsieur Christian s’amuse à jouer au martyr,
Il ameute la foule ainsi chaque matin,
En pensant gentiment pouvoir la divertir.
De ses nombreux séjours au pavillon Bresson
Il ne retire rien que quelques accalmies,
Encore ne faut-il pas que Madame Tesson
Vienne rendre visite à son jumeau de lit.”

Coïncidences bizarres ou imagination ?
Pourquoi faut-il toujours que je sois le témoin
D’histoires peu banales ou les complications
Sont mines de récits de sagouins mal en point.......

Tomi

vendredi 20 février 2009

Encore Valère; Adalbert enfin ???

Encore Valère …


Ses frasques sont connues dans toute la Provence
D’Arles à Briançon, de Menton à Valence
Il recouvre à tout va les loyers impayés
Que les riches bourgeois refusent de verser.

Pourtant dans son métier il fait la différence
Sachant si besoin est déclarer la carence ;
Qu’un gueux ne puisse pas un jour verser son terme
Les portes de l’étude sur le vautour se ferment.

Il a saisi, hier, le plus haut magistrat,
Qui cherchait ses plaisirs dans le Kama- Sutra
Et pour choyer son vice oubliait de régler
Les traites qui avaient fini par l’étrangler.

Valère excédé lui a fait rendre gorge
Notre juge soufflait comme un soufflet de forge
Lorsqu’il lui a tiré son ultime copeck
Notre huissier ignora la fonction du métèque.

Lola


Adalbert enfin ???

Lorsqu’il s’agit de plaire, Adalbert fait des frais,
Ses cheveux longs et gras retrouvent la tondeuse,
Il prend un bain aux algues et se rase de près,
Eraflant au passage une peau bourgeonneuse.

Non ! ce Monsieur n’est pas notre bouc émissaire,
Alain, Manu, Oscar et les autres copains
Le trouvent attendrissant et ce malgré les airs
Que le Vicomte prend pour raconter “demain”.

Rendez-vous croustillant prévu rue Saint-Denis,
Son prénom est Irène, de dix ans son aînée,
C’est dans un petit bar appelé Sans-Souci,
Que le quinquagénaire ira la rencontrer.

Nous espérons qu’enfin notre copain se case,
Qu’il trouve la chaussure adaptée à son pied
Après avoir étreint de trop nombreuses grâces,
Son Amilcar et lui aspirent à un foyer.


Tomi

jeudi 19 février 2009

Révolte; ersatz de paradis

Révolte

Enfants de nos cités,
Qui vivent d’apparence,
Préfèrent le paraître
Dans leurs absurdités,
Leur temps de folle errance
Qu’une illusion perpètre.


Gosses de nos quartiers,
Vaincus par la souffrance,
Vous traquez l’injustice
D’un naturel entier
Vous rêvez de vengeance
Lavant vos préjudices.

Violences, incendies
Racket, drogues, tournantes
Vos combats sont brutaux
Et vos jeux de bandits
En marche triomphante
Vous rendent asociaux.

Le combat est perdu.
La bonne société
Qui vous lobotomise
Vous a déjà battu
Et dans votre impiété
Elle vous marginalise.

Lola


Ersatz de paradis.

Vous ici, cher Ami ?
Une soirée charmante,
Après-dîner mondain,
Messieurs en queue-de-pie,
Des dames qui s’éventent,
Délicats baise-mains...

On s’épanche, on se penche,
Des revers à rosettes,
Robes de Givenchy...
On se plie, se déhanche,
Hypocrites risettes,
Comment va la famille ?

Et des flashs qui crépitent,
Bain de foule au formol,
Alcool à volonté,
Rivières de pépites
Des flots fous de paroles,
Artifices sucrés !

Où avez-vous été ?
Ibizza ? Saint-Martin ?
Cher Ami, vous ici ?
Fumée, futilités...
Où serez-vous demain ?
..........................
Ersatz de paradis...

Tomi

mercredi 18 février 2009

Julien; Marlyse

Julien

Belâtre italien,
Julien
Rêve au clair de lune
De tous ces petits riens
Qui apportent Fortune.

Eternel étourdi
Pardi
Il passe à côté
Des choses de la vie
Blasé.

Toujours dans les nuages ;
En cage,
L’étourneau sur sa branche,
En quête de mariage.

Reste célibataire
Solitaire
Tu ne sais lui montrer
Que de l’enfantillage
Primaire .


Lola


Marlyse

Pâle, aux pommettes grises,
Marlyse,
Attend depuis longtemps
D’être enfin la promise
De Jean.

C’est un incompétent
Ce Jean,
Ignorant et profane
Sans être un vrai méchant,
Un âne.

Un paquet de bourrasque,
Fantasque,
Dans son brumeux faubourg
Lui a collé un masque
De sourd.

Au vent vif de Cabourg,
L’amour,
A perdu son honneur,
Pour un compte à rebours,
De peur.

Tomi

mardi 17 février 2009

Phoebus; Madame la Lune

Phœbus

Ce matin, étonnés, les gens sont dans la rue
Une bougie à la main afin de commenter
L’absence injustifié, quelle calamité
Le soleil, on le craint, semble avoir disparu.

Dix heures au clocher, il fait encore nuit noire
La lune fait du rab car la relève tarde
Ça sent le coup fourré, l’embrouille revancharde
Pour attirer son monde et fair’ de l’auditoire.

Il arrive en chemise, le bonnet sur la tête
Et déclare à chacun qu’il est dans son bon droit
Que pour les trente cinq heures il a donné d’la voix
Qu’il faut s’faire une raison, que la loi est parfaite.

« J’ai donc posé dit-il des heures de RTT »
Auprès de mon patron, seigneur de la planète
Prévenant que bientôt je prendrai ma retraite
Et j’ai fait ce matin la grasse matinée

Lola


Madame la Lune

La lune en promenade a pris ses aises au sol,
Elle s’est faufilée vers la mare aux canards
Pour un bain de minuit qui déjà la console
Des grimaces bouffonnes d’un crapaud goguenard.

La grenouille mondaine, ajoute un grain de sel
“Vous auriez pu venir habillée d’un croissant,
Ou dans l’anonymat si vous étiez nouvelle
Vous nous arrivez pleine pour plonger amplement !”

Quand les tétards s’en mêlent excités de l’aubaine
De voir d’un peu plus près le bel astre de nuit,
Celui-ci honoré, d’une manière urbaine
Leur fait la révérence et le désastre suit.

La rangée de roseaux a sauvé Dame Lune
D’un absurde accident qui nous aurait privé,
De croisières d’amour, de balades nocturnes,
Crapauds, tétards, grenouilles ont failli la noyer.

Tomi

lundi 16 février 2009

avec toi; automne

avec toi

La Seine vient de prendre une livrée acier,
Semblable à notre Tour que construisit Eiffel,
Lorsque tous les nuages s’entassent dans son ciel
Pour former une chape avec son air vicié.

Une brume épaisse se forme au petit jour
Estompant les péniches, effaçant les pousseurs
Pourtant je la sais là, coulant avec lenteur
Quand les cornes de brumes nous souhaitent le bonjour.

Est-il si loin que ça le temps du bel été ?
Les plages des bords de Seine s’appellent voies sur berges
La nostalgie du sud dans mon esprit converge
Que grâce à ton amour je parviens à bouter.

Tu me fais découvrir les charmes de Paris
Sous le soleil brûlant ou les pavés mouillés
Fontaines qui gazouillent et jardins vanillés
Ruelles animées, quartiers que tu chéris.

Avec toi je pourrais aller au bout du monde
Cueillir des orchidées jusqu’en Amazonie
Jouer du violoncelle dans une symphonie
Et laisser couler l’encre de ma plume féconde

Lola


Automne

Quand le ciel orphelin a perdu son éclat,
Que les nuages gris hérissent l’atmosphère
C’est le dernier soupir de l’été aux abois,
L’azur se travestit et floconne d’éther.

L’oiseau le sait d’instinct, programme son envol
Pour que le froid glacial ne gerce pas ses ailes,
Seul reste le moineau de loin le plus frivole
Toujours aussi hardi, pépiant dans les ruelles.

La rose est bien moins fière, mais renaîtra encore
Jusqu’au bout de ces nuits luttant à contre-vent,
Les fils qu’on dit de Vierge ne seront plus cet or
Que les brumes de l’aube enlaçaient tendrement.

L’automne a des couleurs que j’appelle brio,
Des odeurs calcinées comme le caramel,
La luminosité d’un verger d’abricots,
Et la douceur d’un flan saupoudré de cannelle...

Tomi

dimanche 15 février 2009

oblat; sacré tonton

oblat


Souvent nous recevions lorsque j’étais petite
La visite, à Pau, d’un Oblat de Marie
Il sortait de ses poches des tas de sucreries
Qu’il donnait une à une, respectant là un rite.

La barbe mal taillée les cheveux en broussailles
Dans sa soutane noire il était inquiétant :
Avec sa peau tannée on eut dit un forban
Annonçant à l’entour qu’il revient au bercail.


Grand oncle de papa, il s’était retiré
Dans un couvent de Corse pour prendre sa retraite.
Il a porté sa foi sur toute la planète
Traquant les mécréants en missionnaire zélé.


Chaque fois qu’il venait pourtant c’était cousu
Il sortait une croix plantée dans sa ceinture
Et nous la présentait, à nous les enfants purs
Nous disant fermement « embrasse le Jésus »


Lola


Sacré tonton !

Il y a bien longtemps que je n’ai rencontré
Emile mon parrain grand amateur de thé,
D’absinthe également, de génépi, d’armoise,
Auteur de vaudevilles et d’histoires grivoises.

Parisien truculent, son verbe picaresque,
Ne lui enlève en rien un côté romanesque
Que malgré son grand âge il cultive enjôleur,
On dit même de lui qu’il est encor’ chasseur.

A quatre-vingt-dix ans il a fait la conquête
D’une dame Merlin de trente ans sa cadette,
C’est pour la présenter qu’il convie ses amis,
Ses copains, ses voisins et toute la famille.

Je sais que tu plairas à ce non-conformiste
Qui jouera le grand air d’Emile l’humoriste,
Encore un pas de plus parmi tous ceux que j’aime,
Une nouvelle entrée dans ce clan de bohème.

Tomi

samedi 14 février 2009

Claquettes ; Ah non, pas ça !

Claquettes


Un vent de fantaisie souffle sur la maison
Depuis que tu t’es mis à danser des claquettes
Et l’air que tu fredonnes m’est entré dans la tête
Je le chante à tue-tête, te mettant la pression.

Il a fallu chercher un joli numéro
Pour le prochain spectacle qui va être donné
L’Hacienda est choisi, tu dois les épater
Ces amis de toujours ces copains de promo…

Depuis déjà dix jours que je te tarabuste
Pour voir bouger tes bras que tu gardes immobiles
Que ce soit step ou brush cela semble facile
De frapper en cadence en surveillant son buste.

Si un jour tu pouvais devenir mon Astaire
Sûr que je deviendrais ta Rodgers adorée
Sur les scènes du monde nous serions admirés
Et tous nos détracteurs n’auraient plus qu’à se taire !

Lola

Ah non, pas ça !

J’ai cherché à te plaire
En assouvissant ton désir,
Ton bon plaisir,
De me faire danser,
Les claquettes tel Fred Astaire !

J’ai fait fi de ma frousse,
De ma terreur du ridicule,
Mon matricule
En a pris pour son grade,
Seuls encore mes yeux se trémoussent !

Tu m’as parlé de gigue
De sabots de bois, d’Irlandais,
De Hollandais,
D’Africains, même de Cosaques,
Moi, je préfère la garrigue !

Je n’ai pas su me taire,
J’ai dit : “ah non surtout pas ça
Ma Lolita !”
J’ai refusé de me soumettre
A ton envie si singulière !

Tomi

vendredi 13 février 2009

Quelle mouche te pique Paname ? ; Plaies et bosses

Quelle mouche te pique Paname ?

Nous cheminions paisible sur ce joli sentier,
Je dirigeais Paname au gré de mon envie
Vers la forêt voisine plantée de noisetiers
Où une ombre apaisante en ces lieux nous conduit.

Assise en amazone sur mon fier destrier
Le sous-bois m’accueillit, je n’étais pas peu fière
Car depuis le matin les efforts déployés
Donnaient satisfaction à ta belle écuyère.

Pourquoi a-t-il fallu qu’avec lui je déniche
Le chemin sablonneux qui conduit au fortin
Et que là, devant nous, une belle pouliche
Frétille de la queue, roule du popotin.

Et pour faire le beau, Paname alors se cabre,
Se trémousse, hennit et fait des petits sauts,
Je me repasse l’air de la danse macabre
Et subis ses assauts dignes d’un rodéo.

Tu comprends à présent pourquoi je rentre à pinces
Je n’ai pu très longtemps cramponner sa crinière,
D’une seule ruade le voilà qui m’évince :
Je passe de son dos tout au fond d’une ornière.

Lola

Plaies et bosses

L’air doux d’un dimanche alangui
Propose à la rampe d’azur
Les ogives rouges et verdies
De pommiers aux fruits pas très mûrs.

Tu caracoles sur Paname,
Et dans la campagne normande
S’oppose à toi une autre dame
D’acier, de fer en houppelande.

De bleu, de blanc vêtue, charmeuse,
C’est une belle Japonaise
Dont la ligne et l’allure pulpeuse
Me conviennent et me mettent à l’aise.

Si ton cheval s’est affolé,
T’a lâché pour une pouliche,
Ceux de ma moto emballée
Se sont comportés en derviche.

Nous aurons au moins partagé
Un week-end de plaies, d’ecchymoses,
Une autre façon de s’aimer
Dans le moins gai et le moins rose !


Tomi

jeudi 12 février 2009

Sarabande ; Temple secret

Sarabande

Les notes d’un orchestre dans ton Quartier Latin
Tirées d’un violon sous la voûte étoilée
S’égrènent langoureuses et viennent dévoiler
Des envies que provoque un tango argentin.

Tu ne me retiens plus lorsque ma chair frissonne
Aux accents alanguis de leurs bandonéons,
Mon corps s’enroule au tien réveillant mes démons
Sarabande de diables qui en mon sein foisonne.

Mes mains partent à l’assaut de terres inconnues
Découvrant des plaisirs jusque là ignorés,
Toi tu restes sans voix devant ma logorrhée
Amoureuse et sensuelle quand elles s’insinuent.

La chaleur de ton corps attise le brasier
Qui consume l’objet de mon empressement,
Je connais avec toi les faveurs d’un amant
Quand le petit matin me trouve rassasiée.

Lola


Temple secret

Rendre à l’éternité l’âme des violons
Le sanglot de leurs cordes et le chant des cyprès,
Entendre les cigales, croiser des papillons
Me glisser sur ton corps, maintenant et après.

Ta sensualité a soif de mes souhaits
Dans ton temple secret je viens me recueillir,
Tes seins tournent mon sang et dérident l’objet
De ton assentiment, de mon ardent désir.

Ton somptueux appel est égal à l’élan
De notre volupté aux senteurs de délire,
Je m’abreuve à ta chair, tu manges ton amant,
Jusqu’au bout de ce monde engrangeant nos soupirs.

Prendre à l’éternité l’instant intemporel,
Le parfum entêtant de nos envies de feu,
Entendre les échos du silence charnel
Apaisant pour un temps jusqu’à de nouveaux jeux.


Tomi

mercredi 11 février 2009

Elle n’avait que quinze ans ; Que ta douleur se meure

Elle n’avait que quinze ans

Elle n’avait que quinze ans...
La vie attendait d’elle
Un avenir grisant
La joie de l’hirondelle.

Elle n’avait que quinze ans...
On entendait son rire
Eclatant de bonté
Quelques mots de sabir
Lancés avec fierté
Elle n’avait que quinze ans...

Elle n’avait que quinze ans...
Cris ou chuchotements
Discrète ou volubile
Elle refaisait le monde
De façon juvénile
Enfance pudibonde
Elle n’avait que quinze ans...

Elle n’avait que quinze ans...
Le champ est emblavé
On attend la récolte
Encore faut-il braver
Un grand vent de révolte
Elle n’avait que quinze ans...

Elle n’avait que quinze ans...
Il en va de la vie
comme des champs de blé
destin inassouvi
Par le mal infesté
Elle n’avait que quinze ans...


Lola

Que ta douleur se meure

Je t’écoute penser la triste nostalgie
Des brouillards lents et creux
Que des démons ravis
Projettent dans tes yeux.
Les lianes qui s’enroulent aux branches de ton cœur
Etouffent ta jeunesse
Etranglent tes bonheurs,
Victoria, petit’ sœur,
Retrouve la tendresse,
Que ta douleur se meure...

Ton âme a conservé l’ancienne cicatrice
Et pleure, inconsolée
A l’heure annonciatrice
D’une nouvelle année
Qui aurait dû fêter les huit ans de ton fils.
Nous comprenons ton deuil
Et nous t’accompagnons,
Que notre compassion
T’aide à franchir le seuil,
De cet immense deuil...


Tomi

mardi 10 février 2009

Archives; l'innocent élégant

Archives

Le rouleau devant moi ne paye pas de mine,
Seul le gros sceau de plomb retient mon attention,
Deux clés qui s’entrecroisent, deux P dont l’origine
Me rappellent l’auteur de cette expédition.

Mes mains tremblent de fièvre, oserais-je à présent
Dénouer le ruban qui ceint le manuscrit,
Mon cœur bat à tout rompre, je pousse un petit cri
Qui fait lever la tête aux lecteurs mécontents.

Il a mal traversé les huit siècles d’histoire,
Le papier a jauni et l’encre est délavée,
Les mots pourtant écrits d’une main assurée
Frapperont la cité d’années expiatoires.

En mille deux cent douze un pape redoutable
Excommuniant un comte pour n’être qu’un voleur,
Dans une salle d’archives fera trembler de peur
Une jeune étudiante curieuse infatigable.

Lola


L’innocent élégant

Il était innocent, n’avait pas les mains pleines,
Juste des grains de blé pour nourrir les pigeons,
Faisait quelques boulots à la petit’ semaine
Et chantait à tue-tête “Je suis le roi Gaston”

Toujours rasé de près, il fleurait la guimauve,
Un sac en bandoulière, les cheveux gominés,
On ne pouvait pas voir sous sa casquette mauve,
La cicatrice bleue d’un garçon trépané.

Tout juste adolescent ses mœurs semblaient étranges
A des parents vieux-jeu qui avaient entendu
Que pour sa guérison il fallait qu’on retranche
Un bout de son cerveau... Mais il a survécu ...

L’innocent élégant n’a plus tous ses esprits,
Comment la Faculté a-t-elle pu marcher
Sur les pas de parents qui n’avaient pas compris
Qu’être homosexuel n’était pas un péché...

Tomi

lundi 9 février 2009

Poète ; ma plume

Poète

Poète dans quelle encre as-tu trempé ta plume ?
Je vois dans tes écrits tristesse et désarroi,
Les chevaux que tu enfourches, les gens que tu guerroies
Laissent au fond de ta gorge un fort goût d’amertume.

Poète quelle est l’encre dont tu te sers ce soir ?
Les mots que tu consignes sur ton petit carnet
Sourdent telle l’eau d’un puits que l’on garde secret
Ecrit propre et frais sort de ton écritoire.

Poète de quel venin enduis-tu donc ton style ?
Tu es juge et bourreau sans aucune pitié,
Machiavel déplaçant ses pions sur l’échiquier
Amenant les grands rois à tendre la sébille.

Poète tu le sais, les mots que je préfère
Sont ceux que Cupidon te souffle pour ta belle,
Ces poèmes d’amour, ces serments immortels
Entre un prince charmant et sa jolie bergère.

Lola


Ma plume

Quand les mots se débattent à prendre un rythme fou
Je demande à ma plume un instant de répit
Pour crever les abcès affolants et impies
Que l’encre bleue imprime au mépris de mon pouls.

L’encre rouge s’en mêle et appelle la noire,
Je ne me contiens plus et ferme le rideau,
J’attends l’instant propice où revient la mémoire
Des sépias moins amers chantant decrescendo.

Ce moment de lubie déboussole mon âme,
M’amène à l’échafaud des syllabes perverses
Pour avoir écouté, et c’est là tout mon drame,
Le chant du malappris qui partout se déverse.

Quand il saura un jour de quoi est fait demain,
Sera-t-il plus clément et bien moins vaniteux
Ou bien lui faudra-t-il un malheur inhumain
Pour que son cœur devienne un peu moins orgueilleux?

Lorsque mes mots se calment après cette souffrance
Je demande à ma plume de sortir de l’exil,
J’écris tout en douceur l’amour, la connivence,
Avec une encre verte sans me faire de bile.

Tomi

dimanche 8 février 2009

A jamais ; Pour toujours

A jamais

Je détiens à jamais dans un coin de ciel bleu
Ton sourire angélique gage d’un homme heureux.
Tes yeux clairs et honnêtes traduisent ton ivresse
Le nirvana atteint comme seule richesse.

Ambrosiaques plaisirs de nos matins ambrés,
Où ta bouche pulpeuse savoure la rosée,
Perle de volupté breuvage enivrant
Savamment dégusté heures étourdissantes.

Enfouis sous les draps, nos mains savent éveiller
De coquines jouissances à nos corps dévoyés
Et mon corps gardera à jamais la mémoire
De ces aubes mutines qui attendent le soir.

Habile tisserand tes fils de soie tramés
Capturent les désirs de mes nuits enflammées
Dès qu’elle est allumée notre passion s’attise
Sur une aria d’amour il faut qu’on improvise.


Lola



Pour toujours

La nuit s’exile au jour qui naît dans les rayons
D’un soleil, d’une pluie, d’une brume confuse
Et l’oiseau se réveille jouant du mirliton
Dans les ombres mourantes d’évidences diffuses.

Le matin qui revient réanime la source
De notre quotidien qui depuis plus d’un mois
Emerveille les heures et remplit notre bourse
De lendemains qui chantent et d’étoiles de soie.

Quand la boucle est bouclée et que revient le soir
Nous avons cheminé comme un sable qui coule
Nous rallumons la lampe au feu de ce bougeoir
Que nos corps extasiés redécouvrent et enroulent.

Non ! pas des violons quoi qu’en pensent les gens,
Juste un air de samba qui dans notre Hacienda
Se mêle à notre amour et attise le vent
D’un flamenco qui danse au rythme des émois.


Tomi

samedi 7 février 2009

En passant par la Lorraine ; Ettore

En passant par la Lorraine


Pour avoir vu Rouen place du Vieux Marché,
Imaginé la Jeanne ligotée au bûcher,
Il fallait que je vois l’endroit de sa naissance
Pour embrasser d’un coup toute son innocence.

Tant de choses à voir dans la belle Lorraine
Bribes de ton passé que je veux faire mien
Ancêtres banatais qui ont servi de liens
Avec le temps présent que la mémoire enchaîne.

Toutes ces sources vives jaillissant de ta Terre
Ont fait naître ici des stations balnéaires
Cristal de Baccarat surgit d’une fusion
Magie renouvelée de nos longues évasions.

Les Vosges d’un côté, de l’autre la Champagne
Elle a mille occasions de faire sauter l‘bouchon
Si ce pays n’est pas le pays de Cocagne
Il lui ressemble tant j’ m’en fais une raison.


Lola


Ettore

Génial autodidacte qui nous vint d’Italie
Et dont l’hérédité n’a rien à envier
Aux plus grandes familles, car chez les Bugatti,
L’atmosphère artistique a été renommée.

Un grand-père sculpteur, un père tout autant,
Un frère animalier, au sommet des affiches,
C’est en mil neuf cent un, qu’Ettore à vingt ans,
Présente “sa” voiture au Baron De Dietrich.

Qui donc ne connaît pas les fameuses “Royale”,
Coupé ou limousine ... nous en avions rêvé,
Et d’aller à Mulhouse a été primordial,
C’est là-bas qu’elles dorment dans un cocon feutré.

D’autres voitures encore, de nombreuses trouvailles,
Nous ont fait divaguer comme des collégiens,
Mais c’est à Ettore que revient la médaille
Merci à l’Italien devenu Alsacien !!!


Tomi

vendredi 6 février 2009

Elle brode ; Madame Tesson

Elle brode

Dans le bel atelier, rue Grange Batelière
J’ai rencontré Gisèle habile au crochet
Elle se donne du mal pour devenir première
Dans la Haute-Couture et s’y faire embaucher.

Elle brode, elle brode, à longueur de journée,
Penchée sur son ouvrage que c’est une pitié.
A force de broder on a les doigts usés
Et on y perd la vue, utile à ce métier.


Depuis pas mal de temps, elle tire l’aiguille.
Elle peste, souvent, quand le fil s’entortille.
Ses amies dans l’ouvroir gentiment la houspille
Quand elles voient le talent que souvent elle gaspille…

La broderie perlée n’a plus aucun secret
A cette forcenée du point de Luneville
A vivre dans le strass, la voilà exposée
A se mettre à l’index des gens qu’elle horripile.


Lola



Madame Tesson


J’avais parlé un jour de Madame Tesson,
Bizarre psychosée de la rue du P’tit Pont,
Elle avait disparu dans un endroit discret,
La voilà revenue avec d’autres projets.

C’est Adalbert bien sûr qui m’en a reparlé,
L’autre soir quand j’étais au bar de l’Amitié,
Elle a failli passer sous les roues de l’auto
Du Vicomte atterré par ce manque de pot.

Il avait entendu l’histoire de Gigi,
De Mickey la Grenouille et du gentil Roby,
Mais n’a pas voulu croire aux frasques de l’osée,
Pourtant son Amilcar a failli y rester.

Un écart sur la droite pour éviter la folle,
Qui avait fait semblant de perdre la boussole,
Et dont le seul dessein était de simuler
Pour aller porter plainte à la maréchaussée.

Sacrée Madam’Tesson, elle n’a pas fini
De tromper tout son monde avec sa vésanie,
Sa psychose est osée et nous n’en rirons pas
Car c’est une Amilcar qui risquait le trépas.


Tomi

jeudi 5 février 2009

Je te confie ; Je te donne

Je te confie


Je te confie les jours qu’il me reste à vivre
Tomi, pour que tes aubes épousent mes matins
Et que de nos envies constamment on s’enivre
Pour que naisse en moi un fabuleux destin.

Je te confie mon cœur et toute sa tendresse
Battements insoumis lorsque tu m’apprivoises
Nos moments de douceur nos instants d’allégresse
Mes intenses baisers sur tes lèvres framboises.

Je te confie mes rêves aux contours velouteux
Sereine et comblée par tes douces ardeurs
Mon regard éperdu au fond des tes yeux bleus
Te demande « encore ! » avec tant d’impudeur.

Je te confie, enfin, les clefs de mon jardin
Mes secrets au grand jour te seront révélés
Tu y cultiveras mes pensées de satin
Dans lesquelles tu erres à longueur de journée.

Lola


Je te donne

Je te donne mon âme ardente,
Mon corps, ma vie, mes souvenirs,
Tu es, Lola, ma confidente
Je te donne mes pleurs, mes rires.

La succulence de nos jours
N’aura d’égal que le piquant
De nos nuits parfumées d’amour
Régal des sens, du cœur autant.

Je te donne les crépuscules
Que j’admirais tout seul avant,
Je me défais du funambule
Qui habitait l’impénitent.

Je te donne mes horizons,
Mon bateau ivre et ses escales,
Une rade de pâmoison,
Des vagues aux saveurs tropicales.


Tomi

mercredi 4 février 2009

Singes de la sagesse; Le naja

Singes de la sagesse


Au cours de mes voyages, j’ai appris de la vie,
Beaucoup d’enseignements et ceux que j’ai suivis
N’admettent aucun partage voilà la vérité
Je les ai découverts dans une trinité.

Au premier, il convient de savoir observer
Le courant de la vie, les hommes et leurs idées
Et pourtant ne rien voir tout en restant témoin
Les deux mains sur les yeux et n’en penser pas moins.


Au second, il entend, écoute et enregistre
Mémorise les mots joyeux ou bien sinistres
Et n’en retient aucun pour éviter les guerres
Les mains sur les oreilles, c’est la paix qu’il dessert.

Au troisième, bavard jamais vous ne saurez
Il gardera pour lui le plus petit secret
Il sait se retenir, d’ailleurs il vous l’expose
Les deux mains sur la bouche il défendra sa cause.

Lola


Le naja

Alors que j’étais en Egypte
J’ai vu un naja dandinant,
Ses yeux au regard triomphant
Avaient la couleur de la crypte
Où le charmeur de cet aspic
Vivait en ascète héroïque.

J’ai regardé, j’étais surpris,
Attiré par d’étranges sons,
Moitié pipeau, demi basson.
J’ai écouté et j’ai compris
Que le fakir se fait l’oseille
Avec un serpent sans oreille.

Cela m’a été un’ leçon,
De savoir que le naja danse
Avec éclat et élégance
Sans que l’air fasse la chanson.....

Pour tous ceux et pour toutes celles
Qui se trémoussent de plaisir
En écoutant une crécelle,
Pensez d’abord à réfléchir.....


Tomi

mardi 3 février 2009

Pour Antonio Gadès : Je te comprends

Pour Antonio Gadès

Ce soir le flamenco vient de perdre son âme,
Les gitanes en pleurs dansent encore une fois.
Les chants qu’elles entonnent viennent attiser la flamme
De leur douleur sincère, lorsque la mort échoit.

La faucheuse a frappé et les larmes qui coulent
Expriment la douleur du peuple des gitans.
Et ton corps Lolita, sur son corps qui s’enroule
Montre ton affliction au cercle gémissant.

Elle a frappé la parque le meilleur d’entre nous
Aveugle, impitoyable et sans discernement
Nous laissant orphelin dans notre art andalou
Et privés des conseils de son enseignement.


Et pourtant Antonio, ce soir dans l’Hacienda
Je frapperai des mains pour te dire bravo
Mon pas sur le parquet longtemps résonnera
Le flamenco est mort, vive le flamenco !

Lola


Je te comprends

Lorsque tu danses ma Lola
Le flamenco ou la sardanne
Tu mets ton corps en sarbacanne
Et tes yeux nourrissent ma joie.

Lorsque tu chantes Lolita
Tu es bien plus qu’une Andalouse
Et c’est avec un air de blues
Que tu attises mon émoi.

Lorsque ton rire ma Lola
Souffle un air chaud et sensuel,
Je glane dans ta gestuelle
L’infinitude de mon choix.

Lorsque tu pleures Lolita
Pour Antonio je te comprends,
Ces tristes larmes tu les rends
Pour celui qui était un roi.


Tomi

lundi 2 février 2009

complicités; La Route des Vins

complicités

La Meuse coule paresseuse
Au pied de la rue Rebeval.
Tante Louise, mine radieuse
Cheveux tirés, visage ovale
Nous a reçus dans sa maison.

Les souvenirs qui la submergent
La fuient journée après journée
Souvent on la voit qui gamberge
A la poursuite d’une idée
Jusqu’à en perdre la raison.

Entre nous, tout dans le regard ;
Elle a bien compris qui j’étais
Son clin d’œil lors de mon départ
A scellé la complicité
De ce qu’aujourd’hui nous taisons.

A Neufchâteau, j’ai pu comprendre
Les racines de ton passé
Elle a bien su me faire entendre
En me tenant la main serrée
Qu'elle m’aimait plus que de raison.

Lola


La Route des Vins

Sous le porche en grès rose où la chaleur patauge
Nous avons rencontré Mireille et ses enfants,
C’était au pied des monts que l’on appelle Vosges
Un village en couleurs, bucolique et charmant.

Ils nous ont fait entrer dans une cave fraîche
Où d’immenses tonneaux jouant de leur rondeur
Invitaient les passants à rester sur la brèche
Pour goûter l’elixir dormant en profondeur.

Nous avons dégusté avec modération
Un Gewurtztraminer gouleyant et fruité
Un Muscat, un Tokay, un Pinot Tradition
Le tout accompagné d’une tarte flambée.

C’est avec des cartons que nous avons quitté
Cette Route des Vins qui fleure bon l’Alsace,
Pour enfin arriver dans la belle cité
Où le grand Bartholdi a laissé bien des traces.

Tomi

dimanche 1 février 2009

Hommage; tous ces joyeux lurons

Hommage

Ah ! ces braves pioupious qui partaient à la guerre
Une fleur au fusil, la victoire assurée
Leur promise en larmes et le cœur déchiré
S’accroche au wagon ou bien se désespère.

Elles ont vu souvent entrer dans les chaumières
Casquette à la main et pli confidentiel
Le maire ou son adjoint de façon officielle
Venir faire pleurer l’une ou l’autre fermière.

Il ne reviendra plus,, le fils, pour moissonner
La mitraille ennemie l’a fauché en plein champ
Ses yeux se sont fermés dans le soleil couchant
Il retourne à la terre qui lui a tant donné.

Nous avons rencontré sur le chemin des Dames
Tranchées et casemates, fil de fer barbelés
Et vu toutes ces croix de blanc immaculé
Pour connaître le prix que la Patrie réclame.


Auprès de leur compagne ils ne vieilliront pas
Méconnaîtront les joies de la paternité
Gravés en lettres d’or pour la postérité
Leurs noms sont alignés pour que l’on n’oublie pas.

Lola

Tous ces joyeux lurons

Tous ces joyeux lurons qui appelaient donzelles
Les jeunes filles en fleur sur les quais de la Seine,
Sont aujourd’hui pépés et leur disent mam’zelle
D’une voix chevrotante lorsqu’ils ont une aubaine.

Il furent tourtereaux comme aussi nous le fûmes
Se sont cassés les dents , torturés les méninges
Pour avoir un instant de bonheur qu’on parfume
A l’odeur de la rose acquise en sous de singe.

Ils rêvent aujourd’hui, assis en file indienne
Dans des couloirs gris blème, à l’écart de la vie
La vie de tous leurs jours, mauvaise comédienne,
Et les joyeux lurons se meurent dans l’oubli.

La Maison de Retraite où je leur rends visite
Est un endroit charmant pour qui peut repartir,
Mon malaise est profond même si en transit,
Et j’y reviens toujours pour donner un sourire.

Vieillir, un don de Dieu ? pas dans ces conditions,
Pavillon des exclus, home des délaissés,
Tous ces joyeux lurons qui avaient affection
Ne doivent pas rester tout seuls, abandonnés.


Tomi

samedi 31 janvier 2009

Valère si tu savais… ; Petite fantaisie

Valère si tu savais…

Dans son automobile, Valère Séraphin
Fait écrouler de rire tous ses concitoyens.
Je l’ai vu l’autre soir, conduisant son bolide
Le nez sur le volant de façon intrépide.

Vêtu de peaux de bête comme Neandertal
Casque en cuir et lunettes, il cramponne le volant
De sa De Dion Bouton qui va brinquebalant
Ahanant, gémissant dans un boucan d’enfer.

Des cuivres rutilants à la lanterne arrière,
De la trompe insolente aux cuirs encaustiqués
Faut voir l’attroupement qu’il peut vous provoquer
Lorsque tous les enfants s’accrochent à ses portières.

Nuage de fumée, casseroles accrochées
Les bambins bidonnés le suivent en riant ;
Il atteint le vingt-cinq tout en accélérant
A vide et en descente, quand les freins sont lâchés.

Lola


Petite fantaisie

Kiki Ratatiné mit Val en concurrence
Car Dédé le Fripé voulait faire bombance
Chez Paille le bougnat, Golo en bon copain
S’enquit chez Le Goriste un ami puritain,
Des possibilités de Vière Le Courant
Belle-soeur de Bambelle aînée de sept enfants.
Dicule s’en mêla, il en devint grotesque,
Et Zotto l’Italien, un mangeur gigantesque`
S’en prit à La Tournelle, active en chant choral
Qui se tourna vers Poste au bon débit verbal.
Le tout petit Quiqui pensa au grand Cochet
Qui s’adressa à Gueur au terrible cachet
D’épouse de Goureux, un homme impitoyable,
Austère et draconien, qui dénicha une table.

Ouf ! proclama Dédé, de moins en moins ridé,
Nous irons chez Golade , manger un plat de riz,
Afin de retrouver la syllabe tronquée
Qui fait de cet écrit un’ petite fantaisie.

Tomi

vendredi 30 janvier 2009

spleen nocturne ; Petit homme

spleen nocturne

Le nez dans le ciel étoilé
A la recherche d’Aphrodite
Qui aujourd’hui te discrédite
Tu pleures le passé.
Traîne ta tonne de cafard
Jusqu’au petit matin blafard
Et ta tristesse.

Quand les sanglots t’envahiront
Artémis t’accompagnera
Pour te tirer de l’embarras.
De ton perron,
Quand les nuages se dissipent
Ton doux regard prie et agrippe
Ta poétesse.

Elle est partie sans t’avouer
Le moindre de ses sentiments
Tu supplies le disque safran
De te la rendre.
Tu croyais l’amour éternel
Mais ton histoire est passionnelle
A s’y méprendre.

Lola


Petit homme

Errant dans une aube de lune,
Il apostrophait les étoiles,
Il mettait du vent dans la voile
De son infortune,
De ses nuits peuplées de misère,
Et vivait sa vie douce-amère
Dans un rayon de fiel.

Au portique de sa hantise
Il espérait l’éternité,
Ou du moins la Terre Promise,
Sans être jugé,
Ni par ses pairs, ni par sa mère,
Ni par cette famille austère....
Et implorait le ciel.

C’est son enfance inachevée,
Peuplée de songes sans frontière
Qui alerta la voie lactée.....
Ell’ fit signe à Saint-Pierre,
Qui l’appela au Paradis.
Le p’tit homme, serein depuis,
S’y délecte de miel.

Tomi

jeudi 29 janvier 2009

Tomi ; Saisir le bonheur

Tomi

Les lapis- lazuli de tes yeux enchanteurs
Ont su toucher mon âme et m’attirer vers toi
Je n’étais qu’une troll vivant sans foi ni loi
Me voici assagie, imprégnée de candeur.

Tu as su dégrossir de mon « brut » intérieur
La femme qui dormait, à l’aide de tes mots
Des histoires de pou à l’Europe en vélo
J’ai su apprécier des textes de valeur.

Et nous avons écrit, en forum, en privé
J’ai partagé des jours de franche rigolade
De camaraderie puis mon cœur en chamade
A su te dévoiler pour toi tous mes attraits.

Ce merveilleux sentier, que nous avons choisi,
Parsemé de douceur, de tendresse et d’amour
Nous le prendrons ensemble jusqu’à la fin du jour
Lorsque l’éternité nous croira endormis.

Lola


Saisir le bonheur

Puisqu’il me fut donné de saisir ce regard
D’amandes fuselées à damner un bigot,
Je ne remercierai jamais assez la part
De chance que j’ai eu en repérant tes mots.

De l’enfant puérile appelée Lol la Troll
Qui par des textes habiles a su me brocarder,
De cette chrysalide prodigue de paroles
A surgi une nymphe, un papillon doré.

J’ai mesuré souvent l’état de mes faiblesses
Pour n’avoir à mon âge aucun attachement,
Je me croyais banni du royaume tendresse,
Tes yeux et tes écrits ont clos mes errements.

Et puis vint la rencontre un jeudi à Orly,
Et depuis ce jour là tu sièges dans mon cœur,
Ta demeure aujourd’hui est devenue Paris
Puisqu’il nous fut donné de saisir le bonheur.



Tomi

mercredi 28 janvier 2009

Paris pluie..... ; Pour quelques jours

Paris pluie.....

Lorsque Paris s’égoutte le long des quais de Seine,
Nous marchons tous les deux complices et amoureux,
Recherchant un lavis, une peinture ancienne
Afin de décorer un coin de cheminée.

Tu déniches un bronze au détour d’une rue,
Une muse tenant un stylet à la main,
Agaçant de nos rires l’antiquaire bourru
Nous l’avons marchandé comme des Africains.

Sur les pavés humides où tu m’as entraînée
Serrée contre ton corps dessous ton parapluie,
Pendant de longues heures nous avons cheminé
Retrouvant les endroits qui nous avaient séduits.

Nos pas nous ont conduits jusqu’au Café de Flore.
Sur les banquettes en cuir, mollement installés,
Poètes et écrivains ont laissé des trésors,
Les soirs de spleen aidant sur des nappes en papier.

Devant deux capuccinos nous faisons des projets
Demain nous appartient, il faut juste qu’on ose
Car comme a pu le dire Henri le Béarnais
Paris, mon doux chéri, vaut toujours quelque chose.


Lola


Pour quelques jours

Dans ses quelques instants d’une lucidité
Qui s’évapore au fil de ses longues journées,
Elle émet le souhait de te connaître avant
Que Monsieur Alzheimer lui prenne tout son temps.

Si j’évoque aujourd’hui ma charmante marraine,
Ma Lady, ma Louise, ma tante préférée,
C’est que pour quelques jours nous partons en Lorraine,
Lui rendre la visite qu’elle a tant espérée.

Puis nous repartirons vers une autre région,
Je parle de l’Alsace qui partage avec elle
La ligne bleue des Vosges, ses collines et ses monts,
Qui a longtemps été comme sa sœur jumelle,


Ensemble nous verrons ce qu’elle y aimait tant
Des vignes, des musées, des villages fleuris
Je n’y suis plus allé depuis plus de vingt ans,
Mais rien que d’y penser me met en appétit !


Tomi

mardi 27 janvier 2009

Es-maître ; Quel cirque la vie !

Es-maître

Funambule des mots ton esprit tortueux
Recherche l’équilibre dans tous tes jugements
Tu fais des ronds de jambes indubitablement
Es-maître grand écart tant tu es besogneux

Tu marches sur le fil, ton discours est abstrus
Tes propos ambigus jouant le double sens
Oublieux par calcul, saigneur de bienséance,
Tu sais te rendre odieux, singeant le malotru.

Fil de fériste adroit, tu avances tes maux
Sans voir ceux du voisin, plus tristes que les tiens,
Tu te présentes à nous en parfait béotien
Tenant à tout-venant des propos amoraux

Il faudra bien qu’un jour, Gino on te le fasse,
Les chaises sur lesquelles tu poses ton derrière
Pourraient bien s’estomper, te laissant choir à terre
Mettant ton amitié tout au fond d’une impasse.


Lola


Quel cirque la vie !

Le cœur au guet du gai, Marie-Thérèse rêve,
Papa lui a promis un spectacle de roi,
Le cirque a fait arrêt sur la Place de Grève
Ils iront s’installer sur les gradins en bois.

La séance commence et roulent les tambours,
Lorsque Monsieur Loyal arrive sur la piste,
Pour annoncer le grand Monsieur Topinambour
Flanqué de Barnabé et du chien Evariste.

Leur numéro de clowns est dans la tradition,
Claques, cris et hoquets, et un toutou qui danse,
Puis vient Jo le dompteur avec la conviction
Qu’un tigre est un gros chat qui doit obéissance.

Suivent les trapézistes, jongleurs et funambules,
Marie-Thérèse heureuse, applaudit à tout rompre,
A côté de Richard..... son cœur tintinnabule,
Mais elle sait déjà que demain sera sombre.

Papa Richard s’en va, il était de passage,
La fillette a compris qu’être aux aguets du rire
N’est pas de tous les jours, le triste a un visage
Qui s’appelle la vie et parfois fait souffrir !

Tomi

lundi 26 janvier 2009

Innocence ; La Sybille

Innocence

J’ai quitté l’innocence à l’âge de quinze ans,
Lorsqu’encore en bouton, tout perlée de rosée
Ma robe de pétales que l’enfance a fripée
A ouvert sa corolle dans son blanc éclatant.

Nous vivions toutes deux dans le même jardin,
Entourées de nos sœurs, plantées en bonne terre,
J’admirais la candeur de ton âme pubère
Sans savoir que le mal avait fait son chemin.

J’ai assisté muette à toutes tes souffrances,
La sève te fuyant je t’ai vue dépérir,
De ton dernier printemps à l’ultime soupir
Je t’ai tenu la main respectant tes silences.

Le dernier jour de mai quand tu nous as quittées
Nous avons déversé un océan de larmes
La mort t’avait vaincue et fait rendre les armes
Et dans le monde adulte nous avait fait entrer.

Lola


La Sybille

On l’appelait Sybille dans les couloirs hantés
Par nous les écoliers de ce petit lycée
Où pour quelques années j’ai traîné mes guenilles
Et passé du bon temps à découvrir les filles.

Elle ne voulait pas, ou ne pouvait-ell’ pas ?
Répondre à nos questions, nous snobait à tout-va,
Nous rendait transparent, pleurant dans son gilet
Des gifles qu’on donnait par tous nos quolibets.

Les commentaires allaient bon train même les filles
Souvent s’interrogeaient de voir que “La Sybille”
Ne répliquait jamais et restait ténébreuse,
Juste de temps en temps une oeillade peureuse.

Il a fallu qu’un jour, dès le premier trimestre
Un prof nous dise “Assez, laissez Claire tranquille,
N’avez-vous pas compris qu’ell’ n’est extraterrestre
Que parce que sa voix n’a pas votre babil”.

Nous avons su alors que la foudre est tombée,
Tuant ses deux parents quand elle était enfant,
Présente à ce moment elle est traumatisée,
Le restera encore pendant de nombreux ans.


Tomi

dimanche 25 janvier 2009

Ton sourire ; Tes larmes

Ton sourire

Le jour qui vient de poindre éclaire ton visage.
Serré tout contre moi tu reposes amoureux,
Les jeux de cette nuit, fidèles témoignages
Ont posé sur tes lèvres un sourire bienheureux.

Tu dors à poings fermés, ta bouche qui s’étire
Me suggérerait-elle que dans ton paradis
Tu as trouvé un ange qui a su t’éblouir
Et que c’est avec elle que tu as passé la nuit.

Enfin tu te réveilles et il s’épanouit.
Je finis dans tes bras comme chaque matin,
Me lovant contre toi je me suis réjouie
De rejoindre ton ciel pour un petit câlin.

J’ai droit à ce sourire à toute heure du jour,
Il égaye ma vie par ses envoûtements,
Mon bonheur qui s’écoule devant tes doux serments,
Et il faut que j’embrasse tes lèvres sans détour.


Lola


Tes larmes

Elle coule, elle glisse, sur ta joue cette larme,
Elle accroche le rose alluvion de tes lèvres,
Là, la goutte salée s’éloigne sans vacarme
Vers ta gorge nacrée et réveille ma fièvre.

Assoiffé je la bois, elle est seule et unique,
Je cherche la seconde à l’orée de tes cils,
Tu me souris, coquine, d’un petit air mystique,
Devrai-je encor’ jouer à te rendre indocile ?

Au Bois Dormant le Prince a réveillé sa douce,
Je suis à ton chevet comme il l'était au sien,
Je cueille cette larme, tu viens à ma rescousse,
L’autre coule déjà jusqu’au creux de tes reins.

Que cette humeur liquide s’échappe un peu encore
De tes yeux vert amande et roule jusqu’au lieu,
A cet endroit précis où enfin je picore
Sans aucune mesur’ ce fluide délicieux !


Tomi

samedi 24 janvier 2009

Rêve ; Réminiscences

Rêve

J’aurais aimé connaître ce fameux capitaine
Qui partit de Palos pour des terres lointaines
La Méditerranée a bercé ses espoirs
Et le fera rentrer de plain pied dans l’histoire.

Je me serais bien vu, gabier dans la mâture,
Libérant sa grand voile dans un dernier effort
Afin que son bateau puisse quitter le port,
Gagner la haute mer, voguer vers l’aventure.

Bien campé dans sa hune au sommet du grand mât,
J’observerai la mer priant nuestra senora,
De nous donner bon vent pour que ce long voyage
N’entame le moral de ton fier équipage.

Tu es parti sans moi pour rechercher la gloire,
Me laissant seule ici avec mon écritoire,
Ton exploit est inscrit au Grand Livre du monde
Et tes bateaux poursuivent à pourfendre les ondes.


Lola


Réminiscences

Je me souviens de toi, si bleue et romantique,
Avec tes eaux limpides au ras des quais lustrés,
Je me souviens de toi si belle Adriatique
Qui m’avait accueilli, en treillis et armé.

Je n’ai jamais voulu toucher à un fusil,
On m’en a collé un tout près de Dubrovnik,
Il n’était pas permis que l’un de nous sourcille
J’ai détesté leur air supérieur et cynique.

Ploce était le port qui m’a vu à vingt ans,
Débarquer révolté, dans un pays en guerre,
Je n’aurais jamais cru lorsque j’étais enfant
Devoir un jour, vivant, séjourner en enfer.

J’ai écrit très souvent, dès que j’ai pu saisir
Un stylo, du papier, à ceux qui m’étaient chers,
Aujourd’hui Marika m’en a fait souvenir
En t’évoquant Lola ces jours de folle-enchère.


Tomi

vendredi 23 janvier 2009

Miguelito !; Anna la sauvageonne,

Miguelito !

Quand dans nos escaliers, une voie de stentor
Soudain interpréta “Le Barbier de Séville”,
Je sus qu’il était là, aujourd’hui, dans ma ville,
Fraîchement débarqué ce frère que j’adore.

On tourne avec délice les pages de l’enfance :
Avec lui je parcours le temps du souvenir,
Les instants d’un chagrin où j’allais me blottir,
Dans les bras de ce frère, quémandant se présence.

Lui, pour me consoler, entonnait des chants basques,
Descendus des vallées, de sa voie langoureuse,
Prêt à me pardonner la moindre de mes frasques
Ou me tirant la couette de sa main houspilleuse.

J’ai appris avec lui le blues et le piano,
L’art de poser ma voix, de marquer la cadence,
Adultes aujourd’hui, mais lorsque j’y repense,
Hier nous avait connus semblables à deux moineaux.

Insouciants et frêles, toujours poussant des trilles,
Picorant ça et là le meilleur de la vie,
Des bonheurs inconnus encore inassouvis,
Que dans le quotidien chaque jour on grapille.


Lola


Anna la sauvageonne,


Tu connais sa passion, elle écrit et dessine
Tout en restant cloîtrée à Villa Théodor,
Elle est très sauvageonne et pourtant si divine,
Anna, petite soeur, qui se fond au décor.

C’est avec Marika qu’elle passe son temps
Que ce soit en hiver, au printemps, en été,
Il n’y a que l’automne qui l’amène souvent
Dans les îles du Sud, pour peindre à satiété...

Elle a un goût marqué pour le côté baroque
Des églises de Malte, et c’est à La Valette
Qu’elle a peint le tableau qui est sans équivoque
L’absolue perfection tirée de sa palette.

Elle nous a livré la Baie des Siroccos
Traduisant par son art la Méditerranée
Elle retourne souvent sur l’île de Gozo
Où les lauriers en fleurs font fête à sa beauté.

Je ne parlerai pas des recueils de poèmes
Qui ont fait les beaux jours de quelques éditeurs
Anna est une artiste, elle sait que je l’aime
La belle sauvageonne si chère à tous les cœurs.



Tomi

jeudi 22 janvier 2009

Futurs patrons ; Greta et Robert

Futurs patrons

Gégé le tourmenté, flagorneur de première,
Inscrit sur des post-it pour ne pas oublier
Les gens qui lui déplaisent, ceux à féliciter,
Toujours en équilibre, toujours à la lisière.

Grand donneur de leçons au sein de l’entreprise
Il accueille les jeunes, fier de son expérience,
Montre à tout un chacun si grande bienveillance
Que l’on reste pantois devant tant de bêtise.

Dans le bureau voisin, Mimi nous époustoufle
Par la prolixité des notes qu’elle pond,
De jour comme de nuit le discours est fécond,
Pourtant l’on craint qu’un jour sa verve ne s’essouffle.

Toujours elle se plaint, mille tracas l’assaillent
La vie ne lui fait pas semble-t-il de cadeaux,
Il faut qu’elle assouvisse la nuit sa libido
Elle qui voudrait tant tenir le gouvernail.

C’est avec ces deux là que je vais partager
Bientôt à la rentrée mes heures de bureau
A éviter de l’un ses airs professoraux,
Et espérer de l’autre de succincts abrégés.


Lola


Greta et Robert

Il l’appelait Divine en parlant de Greta,
Ce n’était pas Garbo, mais une fille de joie
Qu’il avait épousé contre vents et marées,
Sa famille, ses amis voulaient l’en détourner.

Il n’a pas écouté les propos délétères,
J’étais de son côté, je connaissais Robert,
Sachant que sa raison valait autant son cœur
Je suis resté pour lui le copain de toute heure.

Ils sont partis très loin pour se faire oublier
Restaient nos coups de fil ainsi que des courriers
Je suis allé les voir là-bas l’année dernière
Ils vivaient retirés, heureux dans leur chaumière.

Il l’appelait Divine, elle disait Bébert,
Pendant plus de dix ans au fond de la Lozère
Ils existaient pour eux ayant tiré la croix
Sur ceux qui n’étaient pas d’accord avec leur choix.

Je ne les verrai plus, tu ne connaîtras pas
Mon copain, sa Divine, mon Robert, sa Greta,
Un chauffard aviné les a fauchés un jour
Il y a peu de temps... et mon cœur est bien lourd !


Tomi

mercredi 21 janvier 2009

Des projets plein ma tête ; une vraie famille

Des projets plein ma tête

Tu m’apportes, aujourd’hui,
Que nos deux vies s’emmêlent,
L’aisance naturelle
D’une femme épanouie.

Mutation réussie
Lorsque la jeune fille
En amante accomplie
Joue de son sex-appeal.

Nos parents sont ravis
De voir que notre union
Par leur bénédiction
S’est trouvée garantie.

En secret, aujourd’hui,
Marika s’est confiée,
L’arrivée d’un bébé
Leur ferait bien envie.


Lola


Une vraie famille

Elle qui m’a appris à ne rien consentir
Qui ne soit tolérance, amour et charité
Je veux dès aujourd’hui, avant de m’endormir,
Apprivoiser sa peur à l’aube de l’été.

Elle t’a sans limite acceptée dès le jour
Où je lui ai parlé de mon nouvel émoi
Et sans même te voir elle a su que l’amour,
Que mes mots exprimaient étaient dignes de foi.

Souvent de guerre lasse à mes conquêtes vaines
Marika espérait que les pas du destin
M’amèneraient enfin à apaiser sa peine
De ne pas être encore mamouchka à temps plein.

Si la nature veut concrétiser l’admis
Qu’être une vraie famille était dans nos souhaits,
Nous serons bientôt trois sans aucun compromis,
Marika comme Georges en seront satisfaits.


Tomi

mardi 20 janvier 2009

Rouen; c'est toi Lola!

Rouen

Bâtisseur du passé, compagnon d’un autre âge,
La flêche que tu dresses dans le ciel de Rouen
Témoigne de ta foi, de ton engagement
Et traverse le temps en puissant témoignage.

Maisons à colombages, passé toujours présent,
On peut lire partout ton travail peaufiné,
Tes chefs-d’oeuvre d’hier que tu nous as livrés
Dans toute leur splendeur ont défié le temps.

La Tour du Gros Horloge ou l’Aître Saint-Maclou,
Toutes les côteries ont laissé leur empreinte,
Pour la grandeur de Dieu mais aussi dans sa crainte,
Anges ou bien gargouilles se donnent rendez-vous.

Je n’évoquerai pas le bûcher de la Jeanne,
Préférant visiter le port et les bateaux,
Songer aux grands départs, des rêves orientaux,
De ceux que fît Colomb sur la mer océane.

Il faudrait bien qu’un jour sur un bateau de rêve
Vers des contrées lointaines nous partions tous les deux
Vivre notre passion, couler des jours heureux,
Attendant patiemment que le bon grain ne lève.


Lola


C’est toi Lola !


Aube de lune,
Heure opportune,
Ailes de soie,
Ballets de joie,
Chemin poudré
Et voie lactée.
La porte ouverte
Ta vie offerte
Ma vie donnée.
Sérénité.....

Toi ma raison,
Mon horizon,
Mon cœur d’épices,
Mon pain délice
Mes matins clairs
Ma tasse d’air
Félicité
De mes journées,
Mon port d’attache
Aux yeux pistache.....

Songe d’été
Réalisé.
Ma certitude,
Béatitude,
Ma source vive
Définitive,
Le point final
Du don total
L’univers roi,
C’est toi Lola !


Tomi

lundi 19 janvier 2009

Chroniques africaines… ; Le corbeau

Chroniques africaines…

Ce soir, dans le village, on entend ricaner.
Les hommes qui l’habitent connaissent bien ce cri,
La bête qui le pousse, la hyène tachetée
Est tombée amoureuse d’un odieux chacal gris.

Une nuit, près d’ici, au bord de la rivière
Elle aperçoit, blessée, une jeune gazelle.
Babines retroussées, l’hideuse carnassière
Rêve de grand festin, viande providentielle.

C’est alors que survint un chacal famélique,
Qui rêvait, simplement, de changer l’ordinaire
Par un peu de chair fraîche, aux herbes aromatiques,
Révélant, in petto, ses goûts alimentaires.

Il hurla, tant et bien, que la hyène envoûtée
Partagea son repas et se trouva séduite.
Depuis dans la savane, on l’entend rigoler
Ce sera le bonheur, l’objet de sa poursuite !

Lola



Le corbeau


Les mots comme un geyser éclatent à fleur de peau,