Sur une aire d'autoroute pour une pause-cigarette...



Elle était Milady68, j'étais Musetta13. Nous avons partagé pendant cinq ans tant d'écrits. Certains ont disparu de la toile, de son ordinateur peut-être. Pour sa famille, pour ses amis, voici des pages de textes, des compils de photos, de ces instants que j'ai eu la chance de partager avec elle.Je voudrais que soit admis le fait que je retirerai tout texte ou toute photo que les auteurs, acteurs ou ayant droits me demanderont d'enlever.
Tous les chemins ....
Il y a des rues Stendhal, Barbusse ou Triolet,
Des chemins de traverse à l’abri des regards,
Des allées, des artères à tous les coins de rue,
Des avenues huppées, des ruelles mal loties,
L’Impasse de la Bourse, la galerie Monet,
La Promenade Ringuet, et les Grands Boulevards,
Le Cours Victor Hugo et surtout l’Institut
Où par le Pont des Arts, j’arrive Quai Conti.
C’est l’Ile de la Cité et son marché aux fleurs
Qui me voient rédiger, Lolita quelques lignes,
En humant les senteurs qui poivrent et agrémentent
Les couleurs d’un bouquet pour fille d’Andalou.
Le mot doux agrafé sera l’ambassadeur
De mon invitation, tu sauras que ce signe
Avant-coureur de nous, aura l’allure menthe
Et le rouge garance d’un premier rendez-vous.
Etat d’âme
Je vois d’ici leur moue, donc je n’écrirai plus
Que pour toi ma Lola et ceux qui veulent bien
Nous tenir compagnie, les autres je salue,
Quitte à passer ma foi pour un plouc béotien.
Au Goethe-Institut, on parle d’Odyssée,
Tu en connais la loi, laissons-en le loisir
A ceux dont le plaisir est de parachever
Nos jeux de rôle actifs et de les enrichir.
Tu étais une Troll, je ne suis pas Ulysse,
Je m’appelle Tomi, tu es ma Lolita,
Tu visites des sites, je m’occupe d’abscisses,
Et grâce à Affection, nous créons à cœur-joie.
Je sais l’alexandrin n’engendre pas souvent
L’assentiment de ceux qui préfèrent la prose,
C’est pour cela ma mie qu’il est temps maintenant
De passer au sonnet et à bien d’autres choses !
Je te raconterai Lola puisque tu veux bien m'écouter, je t'écouterai Lola puisque tu veux bien raconter.
Ici en douce quiétude puisque personne ne veut venir nous accompagner --- ou alors nos amis, ceux qui sont déjà venus nous lire, pensent-ils que le bonheur se vit à deux et n'osent pas nous déranger !
Je te donnerai mes mains Lola pour que tu puisses y lire !
Ne me dis que ce que je veux bien entendre, ce que j'espère, ce qui agite les ailes des anges, ce qui parfume tes flamencos, ce qui souffle la brise, ce qui ........
Que ta nuit soit aussi douce que la mienne, que cette escale déroule le slow, que les tangos tanguent, que la lune se pousse pour que je puisse te retrouver bientôt !
Tomi
Avec
De mon Gave natal à notre capitale
Un destin étonnant a tissé une toile,
Où j’avoue humblement, je me suis laissé prendre
Avec délectation.
Le profond de tes yeux me donne un récital
D’une âme bien trempée que ton regard dévoile
Mes défenses tombées, je désire me rendre
Avec ostentation.
Tomi, je le sens bien, le berceau familial
T’importe intensément ; si tu lèves le voile
De ce que fut ta vie, moi je t’écouterais,
Avec satisfaction.
Je te raconterai mon enfance à Pau
Tu sauras de mes jours les plus petits secrets
Nous vivrons tous les deux sur le même tempo
Nos serments échangés et nos vies consacrées.
Lola
Je m’appelle Tomi
Lorsque sur la margelle au granit inégal
J’ai appuyé mes mains pour lire au fond du puits,
Je n’ai vu que ta grâce et tes yeux de gitane,
Tes cheveux couleur jais, le hâle de ton corps.
Je chante ton prénom, j’écris un madrigal,
Quatre vers pour nous deux, accompagnant mes nuits,
Je rêve au ciel offert, délicieuse occitane,
J’échafaude déjà notre commun décor.
D’un château des Carpathes à la gorge du Gave
Combien a-t-il fallu de hasards fabuleux
Qu’on pourrait appeler destin ou providence,
Mais que je nommerai tout simplement la vie.
Le berceau de ma mère, d’origine moldave,
N’a pas déterminé le bleu de mes yeux bleus,
C’est le sang de mon père qui de l’Est de la France
Est venu conquérir maman et puis Paris.
Un roman peu banal que je te conterai
Si tu veux bien ma mie accepter ma famille,
Caprices de l’Histoire avec tous ses attraits,
En attendant Lola, pour toi je suis Tomi
Tomi
A toi Lola,
Apprivoiser la peur de te sourir’ Lola,
L’or de tes mots comble, à mon corps défendant,
Mon cœur et mon esprit, je te reconnais là,
Serais-tu ma Lola, mon rêve frémissant ?
Musiques, mélodies, arpèges des écrits,
La partition annonce un air de séguedille,
Je me ferai pour toi, toréador maudit,
Ou chantre de l’amour aux portes de Séville.
Je suis de parents roms pour qui les arts divers
Etaient sources de vie, arômes de bonheur,
Je vois, les tiens aussi, baignaient dans l’atmosphère
Te léguant comme à moi un solde créditeur.
Inéluctablement je viendrai savourer,
Glaner entre deux rives à tous les matins clairs,
L’écho de tes messages, me glisser, serpenter,
M’abandonner, couler, te frôler et te plaire !
Tomi
Espoirs
Ton regard a croisé le mien un beau matin.
J’ai lu dans tes écrits, les mots que j’attendais,
Dans lesquels je m’agrippe, liane enroulée,
Je vois là P’tit Prof un signe du destin.
Nos mots se sont croisés, je suis ma bonne étoile.
J’ai du sang de gitan, qui coule dans mes veines
Fierté de l’Andalouse, que la passion déchaîne,
Quand ta déclaration aujourd’hui se dévoile.
Je danserai pour toi les plus beaux flamencos,
Que maman m’a appris, lorsque j’étais enfant.
Mes gestes seront doux, tendres et caressants
Lors, je t’envoûterai de mes profonds sanglots.
Je porterai pour toi le rouge calicot
Et chanterai des airs que seul tu entendras.
Je te répèterai les vers que tu liras
Te donnant la réplique, devenant ton écho.
Lola
Les mots que tu écris je les ressens si fort
Que je veux à mon tour n’écrire que pour toi
Je voudrais à mon tour te répondre, Señor
En ayant vu tes yeux, il faut que je m’y noie
Viendras-tu me sauver ?
A mon prof de math préféré
Ce que je veux garder de ta géométrie
Ce sont les lignes courbes de tes fesses charnues
Qui font grimper en moi mon taux d’hygrométrie
Bon sang je ne suis plus pour toi une inconnue ?
Pourquoi vouloir ce soir chercher à me résoudre ?
L’algèbre n’y peut rien ! Je reste dans l’espace,
Evanescente houri ; Tu te dois d’en découdre
Ce soir devant nous pour ne pas perdre la face.
Mettre ton doigt expert en un endroit précis
Situer le point G, ou prendre la tangente.
T’en connais un rayon, laisse les raccourcis
Il faut et il suffit que tu aies l’orthocentre.
Cette fraction de moi qui fait rien à moitié
Qui se moque de tout du tiers comme du quart
Je ne dois rien te taire et ne rien oublier
Pour que l’événement ne laiss’ rien au hasard.
Lorsque tout est certain que rien n’est impossible
Que par pure symétrie nos corps superposables
Enfin superposés se sentent compatibles
Il nous reste à créer des produits remarquables.
Lola
Que de jolies choses ici! je n'avais guère eu le temps, en d'autres lieux, d'apprécier pleinement votre talent, injustement bâillonné par des plumes de supermarché.
Pas un poème mais une rêverie, un extrait d'une fiche, modifiée cet après-midi.
Juste pour vous accompagner.
Ma plume varie souvent, au gré du vent, au gré du temps.
Rarement, elle peut grincer mais ça c'est l'âge, je suis rouillé
L'eau peut laver ou oxyder mais elle est vitale, nécessaire, tout comme l'air.
J'adore la mer et je la hais.
Quand elle est en colère elle me terrifie, je m'en méfie.
Mais quand la lune y dépose, le soir, des croissants blancs, je la vois, je l'entends, s'apaiser.
Elle vient mourir, fataliste, sage ,sur un lit de rivages.
Arroser des galets, polir des coquillages.
La crête à peine dressée, elle vient nous fredonner des refrains d'équipages.
Elle murmure, conte, raconte aux enfants de la nuit qui veillent tard mais sages, l'histoire de ce message, emprisonné de verre, d'espoir et d'algues, porté par des vagues d'émeraude, noyé par des vagues sauvages, un caprice de Neptune et puis parfois sauvé, ressuscité par un filet, un dauphin, une araignée.
Ou bien venant, au gré du vent, projeté par un ressac, s'échouer intact et par miracle sur une plage lointaine, brûlée, tannée, dorée.
Et quand un rayon de zénith frappe à la verticale, débusque cet inconnu, un rai de lumière vient fermer la paupière du promeneur des sables et puis elle s'habitue à cet
éclat nouveau, nuance d'aigue-marine et de havane.
Alors cette silhouette, cette ombre qui flâne, s'approche et puis libère cette bouteille d'Aladin.
Ici point de génie, point de souhait, point de miracle.
Simplement un papier roulé, vieilli de sel et de soleil qui lui n'a qu'un souhait, celui d'être enfin lu.
j'aurai pu la mettre dans la huitième joute si...
Au fond de ton regard, dans sa moire bleutée,
J'ai cru apercevoir le reflet de ton âme
L'océan de tes yeux me livre sa bonté
Ce, malgré les tempêtes et la force des lames
Qui déferlent aujourd'hui le long de ton rivage
On n'a pas réussi à voler ton image.
Tu dois rester pour nous la seule Milady
Même si aujourd'hui reflet de ta colère
Tu nous tournes le dos;quand Affection a dit
Qu'il n'était sûr de rien, qu'il ne pouvait rien faire
Je me suis retournée par solidarité
Je connais ta douleur, je veux la partager...
Muse
Il voguait par beau temps toutes voiles dehors
Son étrave fendant les flots allègrement
Bondissant sur les vagues, gîtant sur le tribord
Embarquant des paquets de mer dans les gréements
Les oiseaux le suivaient derrière son sillage
Plongeant dans l'océan pour pêcher des poissons
Puis parcourant l'azur tout au long du voyage
Assistaient la manoeuvre des marins de renom
Qui sillonnent les mers recherchant les épices
Les étoffes soyeuses, l'or et la mandragore
Et reviennent jeter leur ancre dans le port.
Neptune les protège d'un trident bienveillant...
Les drisses sur les mâts, souffles dans les haubans
Tangages et roulis... que les vents soient propices