jeudi 11 décembre 2008

j’y pense ! ; Gershwin

j’y pense !

Un été, voici trois ans, nous sommes allés en Espagne avec grand-père, et mes parents. Nous avons franchi la frontière au Pays Basque.
Grand-père n’était jamais retourné dans son pays depuis la guerre civile. C’était surprenant pour moi de le voir reprendre son espagnol, moi qui ne l’avais entendu parler que le français. Il ne cherchait pas ses mots, de même qu’il nous a guidés lorsque nous avons rejoint sa province natale : Caceres.
Caceres, vieille ville d’Espagne qu’il avait habitée avec Isabel durant les premières années de leur mariage.
Il travaillait la terre dans un vaste domaine mais habitait un petit appartement de la calle Postigo, proche de la tour de Aver qu’il avait aménagé en un nid douillet. Aux fenêtres, il découvrit le même genre de petits rideaux qu’Isabel avait mis.
Ses pas, nos pas résonnaient sur les pavés des rues de la vieille ville. Pépé( il adore que je l’appelle ainsi car il est mon grand-père et c’est son prénom !) nous promena dans sa ville, de tours en tours. Je découvrais ses fredaines de jeune homme, sa maison natale, celle d’Isabel, la grand-mère que je n’ai jamais pu connaître et à qui je ressemble tant.
Aujourd’hui, avec Tomi, ce qui m’arrive de plus joli dans ma vie, laisse moi te dire :
« Merci Pépé de m’offrir de si belles racines ;je vais pouvoir un jour, je l’espère, assurer une descendance. »

Lola


Gershwin

Hier tu as parlé de Gershwin, et cela m'a rappelé

Un jour de printemps j’ai eu droit, moi aussi, à du Gershwin, non pas pour faire “américain” mais parce que Marika et Georges cultivaient et cultivent encore cet éclectisme des genres.

Je devais avoir cinq ans à peine.

En général c’était Mozart ou Beethoven, Brahms aussi et surtout Dvorak, même si le jazz accompagnait souvent des soirées de jeux en famille.

Mais Gershwin que je découvris ce jour là m’a laissé un parfum de légèreté, un accent de frivolité que je n’ai jamais oublié.

“L’ouverture cubaine” me poursuit encore et la clarinette de la “Rapsody in blue” évoque en moi ces airs roumains que mes parents servent encore à leurs invités !

Certains disent “grande”, avant musique, avec ostentation ! A la Villa Theodor, c’était et c’est toujours la musique, uniquement la musique qui, avec les mots, la peinture et la sculpture rythment les jours, les soirées, les amis, l’affection et la tendresse.

Tout cela sans jouissance d’initiés, mais avec la discrétion complice
du connu toujours redécouvert, de la connivence débonnaire de ceux qui connaissent “trop”, mais qui, parce qu’ils aiment autant les airs que les propriétaires des lieux, se délectent toujours.

Tomi

1 commentaire:

brigetoun a dit…

quelle moisson d'un coup ! et là on entend le dialogue